La France craint que le bouclier antimissile de l’OTAN ne cache la main du Pentagone

Le vice-président américain Joe Biden en compagnie du Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg© Michaela Rehle Source: Reuters
Le vice-président américain Joe Biden en compagnie du Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg

Plusieurs fonctionnaires français ont émis des réserves quant au fait que le système de défense antimissile américain, installé en Europe, ne passe sous le contrôle de l’OTAN, et ce à quelques semaines d’un sommet crucial.

Sous condition d’anonymat, un officiel français a ainsi déclaré au quotidien américain The Wall Street Journal que le bouclier, dans son état actuel, n'était pas «suffisamment au point pour permettre à l’OTAN de contrôler la situation».

Un autre a renchéri, arguant qu'il ne s'agissait pas là d'une question technique, mais qu'il y avait une dimension politique à l'affaire.

Il a ensuite fait part de sa crainte que le système, qui sera attribué à l’Alliance, ne soit en fait contrôlé directement par les Etats-Unis. «Si c’est un système de l’OTAN, c’est l’OTAN qui assume la responsabilité si on abat un missile. C’est l’OTAN qui assume la responsabilité si on le rate», a-t-il mis en garde.

Alors que le commandement du bouclier doit être cédé par Washington à l’Alliance, ces critiques de fonctionnaires font tache. D’autant plus que le sommet de l’OTAN, qui se tiendra à Varsovie en juillet, doit être celui où a lieu la procédure de cession.

Aussi, les diplomates des Etats-Unis et de l’organisation militaire comptent bien faire pression sur les Français afin de les faire changer d’avis avant la date clé, poursuit le journal américain, précisant que Moscou pourrait interpréter un éventuel retard comme un aveu de faiblesse du camp occidental.

La mise en place du bouclier antimissile s’inscrit en effet dans un cadre de tension internationale, alors que le chef du Pentagone Ashton Carter a récemment placé la Russie en première position parmi les «menaces globales» pour la sécurité des Etats-Unis.

Le Kremlin a, de son côté, précisé que la Russie ne cherchait pas la confrontation mais était néanmoins prête à riposter de manière appropriée aux actions occidentales.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales