L’UE sans visa pour les Turcs ? Pour un ancien du MI6, autant stocker de l'essence près d'un feu

 Richard Dearlove© Capture d'écran du compte de Twitter
Richard Dearlove

Sir Richard Dearlove avertit les dirigeants de l'Union européenne que l'intégration de la Turquie n'est pas une solution et qu'ils devront travailler en collaboration sur la crise migratoire s'ils ne veulent pas voir l'UE se désintégrer.

L'ancien dirigeant du MI6, Sir Richard Dearlove, met en garde l'Union européenne (UE) : laisser 75 millions de Turcs pouvoir entrer en Europe sans visa sous prétexte qu'ils gèrent la crise migratoire revient à ranger «de l'essence près d'un feu». 

Il a certes convenu, sur la BBC, que «fermer la porte à l'immigration n'[était] pas une option», mais a expliqué que le nombre de nouveaux migrants en Europe pourrait se chiffrer en millions dans les cinq prochaines années. 1,6 millions de réfugiés sont déjà arrivés en Europe l'an dernier et il rappelle que ces nouveaux arrivants pourront se déplacer comme ils l'entendent dans les 28 pays membres.

«L'impact géopolitique [de cette immigration] va changer le visage politique de l’Europe, alors que des citoyens vont, rationnellement ou non, penser que leurs intérêts et leur identité culturelle sont menacés par cette influence. C'est arrivé en Autriche. Les groupes d'extrême droite vont suivre un peu partout en Europe. Cette croissance de l’extrémisme montre que les électeurs sont désillusionnés par le manque de contrôle interne. Si une politicienne comme Marine Le Pen peut aller chercher un électeur français sur 3 ou 4, ça prouve déjà cette tendance de changement politique», a expliqué l'ancien ponte du renseignement anglais. Sur Twitter, le contraste entre le discours de Sir Richard Dearlove et celui des dirigeants européens n’est pas passé inaperçu.

Peu de collaboration entre les gouvernements

Il a ajouté que cette crise était pire que celle qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, à cause de son caractère nettement plus global. Selon lui, les politiciens, déjà aux prises avec leurs problèmes internes, font preuve de peu de volonté pour travailler en coopération : «La configuration actuelle de 28 Etats membres ayant chacun leurs intérêts particuliers suggère que l'Union européenne pourrait avoir dépassé la date d'expiration de son rôle historique.»

Richard Dearlove a néanmoins conclu sur une note optimiste pour les européistes : «Le rejet du rêve de l'Europe d'après-guerre n'est peut-être pas suffisant pour briser l'Union européenne, si les différentes autorités arrivent à tenir la ligne d'un meilleur contrôle de leur immigration.»

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