Les grandes puissances prêtes à armer le gouvernement libyen d'union nationale

Les grandes puissances prêtes à armer le gouvernement libyen d'union nationale Source: Reuters
Le Premier-ministre libyen Fayez al-Sarraj et le secrétaire d’Etat américain John Kerry à Vienne

Les Etats-Unis et les grandes puissances se déclarent favorables à une levée de l'embargo de l'ONU sur les ventes d'armes à la Libye et être «prêts» à répondre aux demandes de Tripoli pour s'armer en vue de lutter contre la menace djihadiste.

La communauté internationale réunie à Vienne le 16 mai au chevet de la Libye déclare dans un communiqué final qu'elle «soutiendra totalement les efforts» du gouvernement libyen d'union nationale qui va demander la levée de cet embargo et est «prête à répondre aux demandes du gouvernement libyen en vue d'entraîner et d'équiper la garde présidentielle et les forces autorisées». 

Parmi 25 délégations nationales ou unions régionales qui ont signé cette déclaration, figurent les Etats-Unis, la Russie, la France, l'Arabie Saoudite, la Chine, l'Egypte, la Tunisie, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie. Le Premier ministre libyen désigné par l’ONU, Fayez al-Sarraj, était lui aussi présent à Vienne, rapporte l’AFP.

La question de la levée de l’embargo sur les armes devient de plus en plus actuelle face à la propagation de Daesh, qui a doublé le nombre de ses combattants dans le pays en un an.

L'embargo de l'ONU sur les ventes d'armes à la Libye a été imposé au début de la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, mais a été violé à maintes reprises.

Pourparlers sur la Libye à Vienne sur fond de tensions politiques et militaires

La rencontre à Vienne est présidée par le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères italien Paolo Gentiloni. L’Occident essaie de renforcer les positions du nouveau gouvernement d’union, qui a pris le pouvoir à Tripoli au début du mois d’avril, pour qu’il puisse unifier les forces militaires du pays, lutter contre des groupes terroristes et arrêter la vague de réfugiés en Europe.

Comme l’indique The Guardian, le nouveau gouvernement d’union de Tripoli, aurait probablement présenté une liste de demandes en soutien militaire - et notamment de l’armement - auprès des partenaires occidentaux. 

La situation est cependant complexifiée par le refus de l’Italie d’envoyer ses troupes en Libye pour soutenir le nouveau gouvernement, selon les médias italiens ce 16 mai. «Sous la pression d’entrer en Libye, nous avons choisi un chemin différent», a déclaré le Premier ministre Matteo Renzi qui espère trouver des solutions politiques au conflit libyen. Le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni a quant à lui souligné que «l’unité et la stabilisation de la Libye restait l'objectif prioritaire pour l’Italie».

Après l’intervention militaire occidentale en 2011, la Libye a sombré dans le chaos. Si l’on en croit les déclarations, début avril, de David Rodriguez, officier de l'armée de terre des Etats-Unis, le nombre de combattants de Daesh en Libye s’élèverait désormais à environ 6 000 personnes.

Le 5 avril dernier le gouvernement siégeant à Tripoli, soutenu par une coalition de milices qui contrôle Tripoli depuis août 2014, a renoncé au pouvoir, permettant à un gouvernement d'union nationale, créé en vertu d'un accord signé en décembre 2015 au Maroc et parrainé par l'ONU, d'entrer en jeu.

Lire aussi : Libye : les autorités basées à Tripoli cèdent le pouvoir au cabinet d'union

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