La Turquie rejette les accusations de l’ONU sur le massacre de Cizre

© Sertac Kayar Source: Reuters

La Turquie rejette les condamnations de l’ONU dénonçant les violences contre la population civile dans la région à majorité kurde du sud-est de la Turquie et invite l’organisation à s’y rendre.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Turquie, Tanju Bilgiç, a rejeté les inquiétudes du Haut-Commissaire des droits de l’Homme des Nations unies sur le fait que la Turquie refuse l’accès aux équipes de l’ONU à la région à majorité kurde pour enquêter sur la situation des droits de l’Homme dans la ville de Cizre. Il a de ce fait invité l’organisation à s’y rendre.

Tanju Bilgiç a par ailleurs qualifié les inquiétudes de l’ONU d’impartiales, en affirmant que les autorités turques prenaient toutes les précautions nécessaires pour garantir la protection de la population civile pendant les opérations de sécurité.

Le Haut-Commissaire des droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, avait en effet déploré, le 10 mai, le fait que la Turquie ait décliné la demande de son bureau et d’autres organismes des Nations unies de se rendre dans la région «afin d’obtenir des informations de première main» sur les actes de violence commis contre la population kurde de la région.

«De plus en plus d’informations proviennent de plusieurs sources crédibles sur les actions des forces armées dans la ville de Cizre pendant la durée du couvre-feu de mi-décembre à début mars», a déclaré le représentant des droits de l’homme.

Il a ajouté que les témoignages des habitants de Cizre, «lesquels suggèrent que plus de 100 personnes ont été brûlées vives, alors qu’elles s’abritaient dans différentes caves entourées par les forces armées», étaient «les plus perturbants».

Le représentant des droits de l’Homme de l’ONU a également dénoncé qu’«en 2016, le fait d’avoir un tel manque d’information sur ce qui se passe dans une région si large et géographiquement [facilement] accessible est non seulement extraordinaire, mais aussi profondément inquiétant».

L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch a encouragé l’ONU à accepter l’invitation de la Turquie et à envoyer à Cizre une équipe d’enquêteurs. «Nous aimerions à présent voir une mission d’enquête complète qui évaluera la situation dans le sud-est de la Turquie pour voir la manière dont le gouvernement turc conduit ses opérations de sécurité contre le PKK», a expliqué Emma Sinclair-Webb, chercheuse turque pour Human Rights Watch.

Les violences dans la région kurde de Turquie se sont amplifiées après que le couvre-feu conclu entre le gouvernement turc à Ankara et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a été rompu fin juillet 2015.

Au mois de mars, le correspondant de RT William Whiteman s’était rendu dans la ville de Cizre, en Turquie, où il avait pu recueillir des témoignages horrifiants des survivants du massacre de plusieurs civils kurdes. Suite à ce reportage à Cizre, RT a lancé une pétition, #JusticePourLesKurdes, pour demander au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU l'ouverture d'une enquête. Amnesty International avait alors déclaré examiner la pétition de RT.

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