La résurgence d'Al-Qaïda en Afghanistan fait craindre une alliance avec Daesh et les talibans

Un hélicoptère militaire transporte le président afghan Ashraf Ghani à l'Assemblée national de Kaboul, le 25 avril 2016 Source: Reuters
Un hélicoptère militaire transporte le président afghan Ashraf Ghani à l'Assemblée national de Kaboul, le 25 avril 2016

Al-Qaïda est de retour en Afghanistan, un pays qui concentre dans un contexte explosif les trois plus dangereuses organisations terroristes au monde avec l'Etat islamique et les talibans, selon des responsables américains.

Il y a quelques mois de cela, ils ne prenaient pas encore la menace que pouvait représenter al-Qaïda au sérieux. «Si vous vous rappelez simplement des chiffres de l'année dernière, beaucoup d'estimations des renseignements disaient qu'en Afghanistan Al-Qaïda comptait probablement entre 50 et 100 membres, mais, dans le seul camp [dans la région de Shorabak] nous en avons trouvé plus de 150. C'est était assez troublant», a déclaré le général Jeff Buchanan, le responsable-adjoint des forces américaines dans le pays.

En octobre dernier, les soldats américains avaient détruit le plus grand camp d'entraînement d'Al-Qaïda jamais découvert en Afghanistan dans la région de Shorabak, dans la province de Kandahar, au sud du pays. Il s'étendait sur une surface de 30 kilomètres carrés.

Des «liens étroits» entre al-Qaïda et l'Etat islamique

«Al-Qaïda est vraiment très actif. Ils se préparent à de grandes attaques. Ils travaillent derrière d'autres réseaux qui les soutiennent et avec qui ils partagent leur expérience. Ils ne parlent pas trop, mais ils sont une grande menace», a alerté le ministre de la Défense par intérim du pays, Masoom Stanekzai. L'OTAN a récemment estimé que les combattants étaient désormais actifs dans pas moins de 20 provinces.

Parallèlement, certains responsables occidentaux ont indiqué que l'Etat islamique compterait près de 3 000 hommes en Afghanistan tandis que les talibans ont continué à prendre le contrôle de vastes zones. Les espoirs de véritables pourparlers de paix avec le gouvernement afghan sont partis en fumée.

Le général John Nicholson, récemment nommé à la tête de l'armée américaine en Afghanistan, a mis en lumière le danger que pourrait causer le «lien plus étroit» en train de se tisser entre les talibans et Al-Qaïda. Il a indiqué au Sénat des Etats-Unis qu'il réévaluerait le calendrier de réduction des troupes américaines au sol face à la montée de la violence alors que 5 500 soldats doivent quitter le territoire l'an prochain. Alors que toutes les lumières sont actuellement braquées sur la Syrie, l'Afghanistan pourrait bien revenir sur le devant de la scène, de la pire des manières.

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