Le Québec veut une loi sur l'étiquetage des produits contenant des OGM

Source: Reuters

Alors que les incertitudes et les craintes demeurent quant aux dangers potentiels posés par les organismes génétiquement modifiés (OGM), deux provinces du Canada veulent suivre l'exemple de transparence de l'Etat du Vermont aux Etats-Unis.

Le Canada se trouve à la cinquième place dans la liste des pays cultivant le plus massivement les plantes transgéniques. Au menu principal : le canola, le maïs, le soja et, bientôt, les pommes.

Depuis 1994, la biotechnologie s'est immiscée dans l'agriculture, offrant ses semences génétiquement modifiées, et ce à l'insu des consommateurs. On estime maintenant que jusqu'à 70% des produits des étalages canadiens contiennent des ingrédients génétiquement modifiés ou des pesticides. Par exemple, selon l’association Moms Against Monsanto100% des vins californiens testés contenaient du glyphosate (molécule du Roundup de Monsanto) classé «cancérigène probable» par l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais l'exemple le plus probant reste le maïs qu'on retrouve un peu partout : bonbons, jus, mélanges prepares, conserves... Plusieurs groupes citoyens ont fait pression sur leurs gouvernements pour forcer les multinationales de l'alimentation à étiqueter leurs produits contenant des OGM, pour que le consommateur sache ce qu'il ingère. Plusieurs réclament l'étiquetage obligatoire via Twitter:

Un danger encore inconnu

Quels sont les dangers réels posés par l'ingestion d'OGM? La question demeure sans réponse précise. Plusieurs études sont donc en cours pour déterminer les effets à long terme des OGM, ainsi que des engrais et pesticides conçus pour spécifiquement pour eux.

La docteure Stephanie Seneff du Massachusetts Institute of Technology étudie le lien entre l’autisme et les OGM afin de déterminer pourquoi le taux d’autisme est aujourd'hui si élevé en Amérique du Nord. Ses données démontrent que les symptômes entrainés par la toxicité du glyphosate correspondent étroitement à ceux de l’autisme.

On parle aussi de l'augmentation du taux d'allergies chez les jeunes. Les toxines et les allergènes sont des substances naturellement produites par les végétaux. Les toxines jouent un rôle dans les mécanismes naturels de défense de tous les organismes vivants. Or, un aliment avec OGM pourrait contenir une plus grande quantité de toxines ou d’allergènes, selon un rapport du gouvernement du Québec.

L'exemple de la législation du Vermont

Dans l'état du Vermont, on a adopté en 2014 la loi 120, qui contrarie les lobbys de l'OGM. Cette loi est diamétralement opposée au bill H.R. 1599, ou «Acte sécuritaire et précis sur l'étiquetage des aliments de 2015», aussi connu comme «L'acte sombre» par ses détracteurs, adopté par le congrès en 2015. Le Vermont a franchi un pas énorme pour que la transparence s'installe sur les étiquettes dans le marché de l'alimentation. Alors qu'au Canada l'organisme Santé Canada demeure timide, les provinces du Québec et de l'Ontario s'activent en travaillant avec le Vermont.

L'Amérique cherche son schéma juridique dans la jungle biotechnologique, alors qu'on compte déjà presque une cinquantaine de pays, principalement en Europe, ayant banni les OGM, dont la Russie. Pour la France, qui permet l'importation de certains produits contenant des OGM de par son adhésion à l'Union européenne, le combat que mène la ministre de l'Environnement Ségolène Royale n'est pas tout à fait gagné. Si la culture y est autorisée en principe, elle n'est pas pratiquée, pour cause d'interdiction nationale. 

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