Terrorisme : le roi Abdallah de Jordanie évoque la politique d’Ankara, la présence de SAS en Libye…

Le roi Abdallah de Jordanie lors de la rencontre avec le président Barack Obama Source: Reuters
Le roi Abdallah de Jordanie lors de la rencontre avec le président Barack Obama

Le Royaume-Uni a secrètement déployé des forces spéciales en Libye, Israël ferme les yeux sur le Front Al-Nosra et la Turquie souhaite que les islamistes radicaux prévalent au Moyen-Orient et viennent en Europe. Les révélations du roi de Jordanie.

Le roi Abdallah de Jordanie, qui règne depuis 1999 a donné sa franche évaluation de la politique régionale aux leaders du Congrès américain, dont John McCain et Paul Ryan, lors d’une rencontre qui s’est tenue à huis clos lors de sa visite aux Etats-Unis en janvier dernier. Les minutes de leur rencontre ont été obtenues par The Guardian, au grand dam des intéressés.

Le Royaume-Uni en Libye

Dans la révélation la plus importante, le souverain a expliqué que les forces spéciales jordaniennes opérant en Libye bénéficiaient du soutien d’un important contingent des forces spéciales britanniques, les SAS. Les troupes britanniques se familiarisent ainsi avec «l’argot jordanien [qui] est similaire à l’argot libyen» et parviennent ainsi à surmonter différents obstacles culturels.

Par définition, les autorités britanniques ne font aucun commentaire sur le déploiement des SAS et des autres troupes d’élite.

Le drapeau illustrant le symbole des forces spéciales britanniques, les SAS Source: Reuters
Le drapeau illustrant le symbole des forces spéciales britanniques, les SAS

La société de renseignement privée Stratfor avait déjà laissé entendre, dans le courant du mois de mars, que le Royaume Uni était impliqué en Libye en affirmant que des unités de SAS escortaient des membres du MI6 (le service de renseignement extérieur britannique) pour rencontrer les responsables libyens au sujet de la fourniture d’armes et de la formation à l’armée libyenne et aux milices [luttant] contre Daesh».

David Cameron a refusé de fournir toute information à ce sujet, même aux commissions parlementaires restreintes, indiquant plus tôt dans la semaine que les SAS était déjà «soumis au droit international comme n’importe qui d’autre dans notre pays, et je ne souhaite pas changer les arrangements selon lesquels travaillent ces hommes incroyablement courageux».

Officiellement, la Grande Bretagne détachera 1 000 hommes pour aider à former les locaux en Libye et soutenir le gouvernement vacillant, mais jusqu’à présent, les autorités affirment que personne n’a été envoyé dans le pays qui est victime d’une guerre confessionnelle et ethnique depuis le renversement de Kadhafi en 2011.

Le bureau du Premier ministre n’a pas pu répondre aux appels de la presse concernant ces fuites, a indiqué The Guardian.

L’affaire d’Ankara

Des autres déclarations faites par le roi âgé de 54 ans indiquent, par exemple, qu’il y a des désaccords profonds entre les coalitions dirigées par les Etats-Unis et l’Arabie saoudite qui ont pour but d’éradiquer Daesh et rétablir la primauté du droit dans la région.

Toujours d’après le souverain jordanien, le président turc Recep Tayyip Erdogan est partisan d’une «solution islamique radicale pour les problèmes de la région». Le roi Abdallah a poursuivi en mentionnant le fait que «le flux de terroristes qui se rend en Europe fait partie de la politique turque et que la Turquie de se faire taper sur les doigts tout en parvenant à s’en tirer.

Ces révélations interviennent juste après l’annonce de l’accord que la Turquie a conclu avec l’Union européenne dans le courant du mois de mars par lequel elle acceptera de reprendre les réfugiés ayant atteint les frontières de l’UE par la mer en échange de milliards d’euros.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan

Les allégations contre Israël

Israël n’échappe pas non plus aux critiques. L’Etat hébreu est accusé de tourner la tête concernant les activités du Front Al-Nosra, groupe terroriste affilié à Al-Qaïda qui contrôle des vastes étendues de territoire en Syrie, dont ceux qui se situent à la frontière israélienne, car ce groupe constitue un «opposition au Hezbollah», une milice chiite libanaise combattant aux côtés du président Assad dans le conflit syrien.

Des accusations soulignant qu’Israël avait même donné des traitements médicaux aux combattants du Front Al-Nosra avant de les renvoyer sur le champ de bataille et attestant qu’un moyen de communication directe avait été établi entre Tsahal et le groupe terroriste avaient déjà été publiées dans les médias. Israël les a toujours démenties.

Un nouveau groupe terroriste découle

La plus grande mise en garde du roi Abdallah concerne les activités d’Al-Shabaab en Afrique, un groupe djihadiste d’un profil plus fin que celui de Daesh, de Boko Haram ou d’autres, mais qui a commencé à «pénétrer en Libye».

«La Jordanie se penche sur Al-Shabaab puisque personne n’examine vraiment ce problème, qui ne peut pas être laissé de côté, et qu’il est nécessaire de regarder tous les points chauds qui se trouvent sur la carte. Nous avons une force de déploiement rapide qui épaulera les Britanniques et les Kenyans, elle est d’ailleurs prête à traverser la frontière pour entrer en Somalie», a-t-il confié aux parlementaires.

Les ambassades de Jordanie aux Etats-Unis et en Grande Bretagne ont refusé de vérifier ces assertions même si un parlementaire américain a confirmé au The Guardian que cette réunion avait eu lieu. Il n’a toutefois pas confirmé la teneur des discussions.

Combattant islamiste d’Al-Shabaab Source: Reuters
Combattant islamiste d’Al-Shabaab

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