Ils sont de retour : Washington projette une nouvelle intervention en Libye pour stopper Daesh

Le port pétrolier de Ras Lanouf ciblé par des combattants de Daesh Source: Reuters
Le port pétrolier de Ras Lanouf ciblé par des combattants de Daesh

Les Etats-Unis étudient les options d’une intervention militaire en Libye, qui serait justifiée par des informations sur l’activité des terroristes de Daesh dans le pays plongé dans le chaos… suite à la première intervention de l’OTAN en 2011.

«Des forces [militaires] des Etats-Unis se sont récemment rendus en Libye, essayant d’établir des contacts avec les forces au sol» pour se faire une idée claire de la situation et évaluer qui pourrait être «digne du soutien américain» dans la future opération contre l’Etat islamique, a annoncé mercredi aux journalistes le porte-parole de la Défense américaine Peter Cook, en reconnaissant ainsi pour la première fois mercredi une présence militaire américaine directe en Libye.

Plus tôt cette semaine, le président des états-majors américains, Joseph Dunford, a déclaré que Washington souhaiterait «entreprendre une action militaire décisive» contre Daesh en Libye, afin d’établir une «cloison» entre ce groupe et d’autres formations qui opèrent en Afrique. «Le président a clairement laissé entendre que nous avons l’autorité d’utiliser la force militaire», a raconté le général. La décision quant à ce projet, qui sera prise avec la participation des alliés de l’OTAN tels que le Royaume-Uni, la France et l’Italie, sera prise «dans les semaines à venir», a ajouté Dunford, cité par le journal militaire officiel américain Stars and Stripes

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Les avions de renseignement du Pentagone opèrent déjà en Libye, alors qu’en novembre dernier, les Etats-Unis ont tué dans une frappe aérienne en Libye un des chefs de l'Etat islamique (EI) dans le pays, l'Irakien Abou Nabil. Il s'agissait de la première frappe américaine contre l'EI en Libye.

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Les nouveaux projets de l’administration américaine ont suscité des inquiétudes au sein de la presse anglophone. Le célèbre quotidien The New York Times, qui a pourtant soutenu la campagne de l’OTAN en 2011, a qualifié une possible deuxième intervention de «profondément préoccupante», en notant qu’elle pourrait «facilement engendrer des conflits dans d’autres pays du continent», et que cette décision est prise sans un débat au Congrès.

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«Tout comme il n’y avait pas d’Al-Qaïda où de Daesh en Irak avant les bombardements américains contre le gouvernement, il n’y avait pas de Daesh en Libye avant que l’OTAN ne la bombarde. Maintenant les Etats-Unis utilisent les conséquences de leur propre campagne militaire en Libye pour justifier une nouvelle campagne dans le même pays», a écrit quant à lui l’éminent journaliste américain Glenn Greenwald, dans son article publié dans The Intercept.

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Les Etats-Unis et la France ont dirigé une intervention internationale en Libye en 2011 pour aider les rebelles à renverser le gouvernement du Mouammar Kadhafi, qui dirigeait le pays depuis 1969. Après la mort du dirigeant libyen, le pays s’est retrouvé plongé dans la guerre civile. Deux gouvernements opèrent dans le pays, un à Tripoli et un à Tobrouk, qui ne contrôlent pourtant pas la totalité du territoire du pays, ce qui à permis au groupe Etat islamique de s’établir dans la ville de Syrte et lancer des attaques sur les plus grands ports pétroliers du pays.

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Un accord conclu sous l'égide de l'ONU, prévoyant la formation d'un gouvernement d'union nationale, vient d'être rejeté par le Parlement de Tobrouk reconnu par la communauté internationale.

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