Libye : Mouammar Kadhafi, d'amis des puissants à dictateur sanguinaire (GIFS)

Mouammar Kadhafi à Tripoli le 2 mars 2011 Source: Reuters
Mouammar Kadhafi à Tripoli le 2 mars 2011

Alors que le 19 mars marque l'anniversaire de l'intervention militaire en Libye menée contre l'ex-chef d'Etat libyen, retour en GIFS sur ces chefs d'Etat qui se pressaient pour l'accueillir chez eux avant qu'il ne devienne l'ennemi public numéro un.

En février 2011, Mouammar Kadhafi est le plus ancien chef d'Etat arabe lors qu'à la faveur des printemps arabes, une insurrection éclate dans une région de la Libye qui lui est historiquement hostile, la Cyrénaïque.

La révolte rebelle prend une ampleur croissante, notamment à Benghazi, et au début du mois de mars, une offensive du régime permet au pouvoir de reprendre de large pan de territoire que les rebelles avaient conquis. Le 17 mars 2011, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU autorise la communauté internationale, emmenée surtout par le président français de l'époque, Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre britannique, David Cameron, à déclencher une intervention militaire.

Le chef de l'Etat français, prompt à accuser son homologue libyen d'avoir bombardé son peuple, a vite oublié l'accueil fastueux qu'il lui avait réservé au colonel Kadhafi lors de sa visite à Paris, à l'Elysée, en décembre 2007. Le Guide de la révolution avait même obtenu l'autorisation de planter sa tente sur la pelouse de l'Hôtel Marigny, résidence officielle des hôtes de l'Etat français, un signe interprété par de nombreux observateurs comme une concession de Nicolas Sarkozy qui espérait beaucoup de cette rencontre, et notamment la signature d'accords commerciaux concernant le nucléaire.

L'histoire politique de Mouammar Kadhafi commence en 1969, lorsque ce dernier arrive au pouvoir en Libye au mois de septembre, à la faveur d'un coup d'Etat qui renverse Idriss Ier.

Après l'ostracisation de la Libye au cours des années 1980, notamment à cause des Etats-Unis, la Libye revient sur le devant de la scène au cours des années 1990. Les relations entre le Guide libyen et les chancelleries occidentales se normalisent progressivement, en témoigne ce GIF où le chef de l'Etat libyen figure aux côtés du président français Nicolas Sarkozy, du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, du président américain Barack Obama. Ces mêmes personnalités se retourneront contre lui le 17 mars 2011 en votant la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre les troupes gouvernementales libyennes pour protéger les populations civiles. Les puissances occidentales ont alors décrété une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen, bombardant les forces du régime, dans le but justement, de venir en aide aux civils. Mais cette résolution sera par la suite largement outrepassée par l'envoi de forces spéciales au sol.

L'ex-Premier ministre britannique Tony Blair (1997-2007) est l'un des rares dirigeants européens à n'avoir pas tourné le dos à Mouammar Kadhafi en 2011. En janvier 2016, le parlement du Royaume-Uni a révélé des écoutes dans lesquels l'ancien chef du gouvernement appelle le colonel Kadhafi à aller se mettre en sécurité. «Si vous avez un endroit sûr où vous rendre, vous devriez y aller car ceci ne va pas se terminer sans violence», lui aurait signifié Tony Blair.

Parmi les dirigeants occidentaux, le président du Conseil italien de l'époque, Silvio Berlusconi, était considéré comme le plus proche de l'ancien dirigeant libyen. Mouammar Kadhafi lui avait même adressé une lettre, rendue publique cinq jours après sa mort, l'appelant à faire cesser les bombardements en Libye. «J'aurais espéré de ta part au moins que tu t'intéresses aux faits et que tu tentes une médiation avant d'apporter ton soutien à cette guerre», déplorait le Guide de la révolution.

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L'Italie, qui était le premier partenaire commercial de la Libye de l'ère Kadhafi, avait été réticente à lâcher le colonel Kadhafi, avec lequel elle avait signé en 2008 un traité d'amitié et de coopération économique. «Cela n’a jamais été une révolution, mais bel et bien un complot européen» avec à sa tête «la France et son président d’alors, Nicolas Sarkozy», avait déclaré Silvio Berlusconi en janvier 2016 à l’agence de presse italienne Agenzia nazionale stampa associata (ANSA).

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«La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis étaient intéressés à ce que nous appelons maintenant "le printemps arabe". Toutefois, n’ayant pas de stratégie claire pour le développement politique et social du pays après le changement de régime, ils se sont trompés, surtout en ce qui concerne la Libye. Oui, Kadhafi était dictateur. Oui, il a fait beaucoup d’erreurs, mais il était le seul homme capable de maintenir l’unité de la Libye. Actuellement, nous observons tous dans ce pays le règne de l’anarchie, de la violence ainsi que celui de la débauche de groupes extrémistes islamistes », avait ajouté l'ancien président du Conseil.

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Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011, la Libye est en proie à une guerre civile. Le gouvernement de Tripoli concurrent de celui de Tobrouk, le seul soutenu par la communauté internationale, sont en passe de former un gouvernement d'unité nationale. L'instabilité politique et sociale qui caractérise le pays a permis à l'Etat islamique de s'y implanter. L'organisation terroriste y multiplie les attentats, notamment dans le centre et le sud de la du pays.

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