En nommant les patrons du journal Zaman, la justice turque remet en question la liberté de la presse

Des partisans de Zaman© Murad Sezer Source: Reuters
Des partisans de Zaman

Un tribunal d’Istanbul désignera de nouveaux managers qui seront en charge du journal. Il a suivi une requête des procureurs d’Istanbul. La nouvelle direction devra transformer la politique éditoriale du média qui critiquait le président Erdogan.

«Zaman sera repris lors d’une opération soutenue par le gouvernement. Quatre groupes des brigades antiterroristes et de la police antiémeute seront envoyés au siège de Zaman à Istanbul. Alors, demain sera la dernière fois que le journal sera écrit comme il doit l’être par notre équipe éditoriale», a confié à RT, par téléphone, un correspondant du journal. «Erdogan ne tolère aucun désaccord ou opposition soit dans la politique, soit dans les médias», a-t-il ajouté.

«Nous connaissons les jours les plus sombres et lugubres pour la liberté de presse qui est un repère majeur pour la démocratie et l’Etat de droit», peut-on lire dans l’édition anglaise de Zaman datée du 4 mars.

En commentant le rachat présumé du «journal turc le plus distribué», l’édition anglaise de Zaman souligne que «les médias et les journalistes sont étouffés par les menaces et le chantage».

Cette mesure d’Ankara a déjà été critiquée par Amnesty International. «Les rumeurs d’une saisie immédiate par le gouvernement sont très inquiétantes au vu de l’assaut continu des autorités turques contre les médias dissidents», a déclaré l’ONG.

«En fustigeant et en essayant de contenir les voix critiques, le gouvernement du président Erdogan viole les droit de l’homme», a indiqué Andrew Gardner, expert auprès de l’ONG.

«C’est le dernier épisode des attaques durables contre la liberté des médias et la liberté d’expression en général en Turquie», a confié à RT Milena Buyum, une militante d’Amnesty International.

A Istanbul, des manifestants se sont rassemblés devant le siège du journal pour exprimer leur soutien aux journalistes et crient qu’ils «lutteront pour une presse libre».

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