Un plan très ambitieux de cessez-le-feu décidé par John Kerry et Sergueï Lavrov à Munich

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en compagnie de son homologue américain John Kerry lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion de Munich ce vendredi 12 février Source: Reuters
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en compagnie de son homologue américain John Kerry lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion de Munich ce vendredi 12 février

A l'issue de la rencontre du Groupe international de soutien à la Syrie à Munich, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry se sont fixés une semaine pour aboutir à un cessez-le-feu.

Ce sont en fait deux grands axes qui ont été fixés au cours de cette réunion. Le premier est la mise en place d'un cessez-le-feu en Syrie qui doit être décidé dans un délai ambitieux d'une semaine. Le deuxième grand aboutissement de cette rencontre est la livraison d'une aide humanitaire à la population syrienne qui doit débuter également cette semaine.

 «L'ISSG a franchi une étape d'une manière différente à ce qui s'est passé précédemment. A Vienne, à deux occasions et à New-York, nous avons appelé à un cessez-le-feu, mais aujourd'hui, nous avons précisément décidé d'un processus, sur un intervalle de temps précis et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour arriver à cet objectif», a indiqué John Kerry.

«Les résultats seront mesurés par ce qui se passera sur le terrain pas sur les mots qui sont sur un bout de papier ce soir», a-t-il mis en garde.

Son homologue russe Sergueï Lavrov a jugé que c'était au gouvernement et à l'opposition syrienne «de prendre les mesures nécessaires». «Nous devrons probablement user de notre influence sur les parties», a-t-il dit. 

Une collaboration nécessaire avec la Russie

Les deux responsables ont tenu une conférence de presse à Munich en compagnie de l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le secrétaire d'Etat américain a insisté sur la collaboration nécessaire que les Etats-Unis doivent mettre en place avec la Russie pour un réglement de la crise en Syrie. «Il n'est pas possible d'instaurer un cessez-le-feu effectif et pas de possibilité de mettre en oeuvre un accès à l'aide humanitaire sans que tous les membres de l'ISSG travaillent avec la Russie», a déclaré John Kerry.

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Les Etats-Unis et la Russie vont piloter les «modalités» de mise en œuvre de cette cessation des hostilités, a précisé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Les «groupes terroristes Daech et Al-Nosra» exclus du cessez-le-feu

Cet arrêt des hostilités concernera toutes les parties au conflit à l'exception des «groupes terroristes Daech et Al-Nosra», a ajouté son homologue John Kerry.

«L'objectif principal pour nous tous est de résister à l'Etat islamique», a ainsi déclaré M. Lavrov, lors de cette réunion, précisant que les déclarations sur une éventuelle opération terrestre en Syrie opérée par des troupes étrangères ne font qu’exacerber le conflit. Il n'a ensuite pas manqué de critiquer à nouveau le rôle de la Turquie dans ce conflit qui continue, selon lui, à fournir de l'aide aux terroristes du Front al-Nosra contre lesquels se battent les troupes syriennes à Alep.

Lire aussi : L'OTAN étudie la possibilité de rejoindre la coalition anti-Etat islamique

«La Russie a dit publiquement dès la première réunion de l'ISSG à Vienne, à la deuxième réunion et puis à New-York que la Russie était en train de préparer la mise en place d'un cessez-le-feu, et encore aujourd'hui», a concédé John Kerry à son homologue.

Les négociations intersyriennes doivent «reprendre dès que possible»

«Nous avons aussi convenu d'accélérer et d'élargir la fourniture d'aide humanitaire dès à présent» à une série de villes assiégées, a ajouté John Kerry, en citant entre autres Deir Ezzor (est), où les forces loyalistes sont assiégées par le groupe Etat islamique. Un groupe de travail piloté par l'ONU va se réunir dès vendredi à Genève pour mettre en oeuvre ce volet humanitaire et fera des «comptes rendus hebdomadaires», a-t-il indiqué.

Les négociations intersyriennes, suspendues début février en raison d'une offensive des troupes syriennes appuyée par l'aviation russe sur les rebelles, doivent par ailleurs «reprendre dès que possible», a dit M. Kerry.

Ces négociations doivent avoir lieu «sans ultimatum et préconditions», a souligné son homologue russe, Sergueï Lavrov.

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