EN CONTINU depuis Munich : selon Lavrov, la russophobie est à la mode dans de nombreux pays

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier Source: Reuters
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier

La 52ème Conférence sur la sécurité de Munich a lieu du 12 au 14 février. Chaque année, ce forum important réunit plus de 450 hauts responsables du monde entier, ainsi que des ministres et parfois même des chefs d’Etat.

  • Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’Etat américain John Kerry se sont rencontré encore une fois à Munich pour discuter des mesures concrètes nécessaires pour appliquer les accords sur la coordination des efforts militaires en Syrie, a annoncé la diplomatie russe. 

    Cette rencontre a eu lieu à l’initiative américaine, a raconté la représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.

    Лавров. Керри. Руки.

    Опубликовано Maria Zakharova 13 февраля 2016 г.

    D’après le porte-parole de l’administration américaine John Kirby, les ministres ont discuté des «projets de l’organisation et des taches les plus importantes des groupes de travail chargés de développer des conditions de cessation des hostilités en Syrie». La création d’un groupe de travail de l’ONU pour coordonner l’aide humanitaire en Syrie a également été «brièvement examinée». 

    Interrogé par les journalistes, John Kerry a qualifié cette rencontre d’«excellente».

  • L’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a reçu le prix Ewald von Kleist de la conférence de Munich, à côté de la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques Christiana Figueres. Le prix a été accordé pour honorer les succès des deux leaders dans les négociations sur le climat, dans le cadre de la COP21 à Paris, qui ont abouti à la signature du «premier accord contraignant global sur le climat», selon le communiqué du service de presse de la conférence de Munich.

  • Pour le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz, l’UE ne peut pas consentir à une nouvelle guerre froide en Europe qui serait menée contre la Russie, a-t-il noté lors de son intervention. «La guerre froide doit rester dans l’histoire», a-t-il conclu.

  • Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a rencontré son homologue français Manuel Valls pour discuter des relations bilatérales qui ont quelque peu souffert au cours des dernières années.

    «Le dialogue entre les présidents sur les questions de sécurité et la problématique ukrainienne est assez productif», a signalé Dmitri Medvedev ajoutant que des discussions sur le thème de l’économie seraient aussi très utiles à mener.

    Manuel Valls a de son côté souligné que les liens entre la France et la Russie ne sont plus à démontrer depuis si longtemps. «Il y a une part d’âme française en Russie et une part d’âme russe en France», a noté le Premier ministre français.

  • D’après le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères britannique Philip Hammond, la possibilité d’atteindre un cessez-le-feu en Syrie dépendra de la volonté de la Russie à arrêter les bombardements sur les rebelles modérés. «Tout dépend si le Kremlin souhaite vraiment la désescalade», a-t-il déclaré.

    Différents hommes politiques occidentaux, fidèlement reliés par les médias ont commencé à accuser la Russie d’avoir bombardé l’opposition modérée dès le lancement de son opération militaire en Syrie le 30 septembre. Cependant, ces allégations n’étant pas étayées de preuves, elles ont été à chaque fois rejetées par le Kremlin qui les a jugées «infondées».

  • Interrogé par un représentant de Human Rights Watch (HRW) afin de savoir pourquoi la Russie n’empêche pas Assad de bombarder les civils, Lavrov a expliqué qu’il ne fallait diaboliser ni le président Assad ni les autres.

    «L’ONU et les organisations humanitaires reconnaissent que sur le terrain, tous enfreignent le droit international humanitaire. En ce qui concerne les villes sous blocus, Bachar el-Assad n’est pas le seul responsable, la majorité des civils sont assiégés par des groupes d’opposition», a-t-il expliqué.

    Ainsi, le ministre russe a conclu que seul un processus de résolution politique peut garantir une aide humanitaire à la population syrienne.

  • Selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le discours de Kerry où il a accusé la Russie de ne pas avoir appliqué les accords de Minsk sur l’Ukraine s’explique par «la mode à la russophobie» des certains pays.

    Pour lui, c’est en fait Kiev qui ne remplit pas honnêtement sa part du contrat. «La réalisation des points clés des accords de Minsk n’a pas commencé à cause de l’Ukraine qui se soustrait à ses obligations».

    En s’exprimant sur les problèmes au Moyen-Orient, il a signalé qu’on ne peut pas ignorer la dégradation générale qui a eu lieu dans la région depuis le printemps arabe au Moyen-Orient, provoquant l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés.

    Au cours de son intervention, Lavrov a fait savoir que la coopération de l’OTAN avec la Russie est en retrait, même en comparaison avec la période de la guerre froide. Les refus de l’OTAN et de l’Europe compliquent le développement des efforts collectifs», a-t-il noté.

  • La destruction militaire de Daesh à elle seule ne fera pas revenir la paix en Syrie, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier lors de la conférence de sécurité en commentant l’intervention du secrétaire d’Etat John Kerry sur l’éradication du groupe terroriste.

    Le ministre a également souligné qu’il ne croyait pas qu’une guerre froide existe entre la Russie et l’Occident. «Je crois qu’il faut regarder la réalité des choses. Nous ne sommes aucunement dans les conditions d’une guerre froide. Et tous ceux qui ont entendu l’intervention de Medvedev diront qu’il ne l’a pas dit. Il a plutôt appelé à éviter une situation qui conduirait à la guerre froide.»

  • L’Europe et les Etats-Unis conserveront les sanctions contre la Russie jusqu’à la réalisation complète des accords de Minsk sur l’Ukraine, a noté John Kerry. «Je suis sûr que les Etats-Unis et l’Europe seront ensemble, en ce qui concerne la poursuite des sanctions ainsi que le soutien à l’Ukraine», a-t-il noté.

    En évoquant la question du terrorisme devant les participants de la conférence de sécurité, il a aussi évoqué les attaques ayant eu lieu en 2015 dans différents pays, notamment à Paris, qui ont renforcé leur détermination à détruire Daesh. John Kerry a promis que l’éradication des terroristes ne prendrait plus beaucoup de temps.

    Le secrétaire d’Etat américain a également souligné qu’un règlement politique à la crise qui fait rage en Syrie n’est pas possible dans l’état actuel des choses. «La guerre en Syrie ne peut être arrêtée tant qu’Assad reste au pouvoir», a précisé John Kerry.

  • Pour le leader polonais Andrzej Duda, le projet de gazoduc Nord Stream 2 représente un problème pour les relations entre la Pologne et l’Allemagne. «Un partenariat entre deux pays signifie le respect des traditions, des intérêts et des préoccupations. Le meilleur exemple des problèmes entre nos deux pays est Nord Stream 2», a-t-il précisé.

    Il a également souligné avoir été contre le premier projet Nord Stream et rien n’avait été fait, puisqu’il existe toujours. «Aujourd’hui nous sommes contre Nord Stream 2 puisque cet investissement contredit nos intérêts, les intérêts de l’Ukraine, de la Slovaquie et d’autres pays encore. Mais nous avons entendu que c’était seulement du business et pas un problème du gouvernement», a expliqué Andrzej Duda ajoutant que le problème était plutôt politique et non économique.

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