L'OTAN étudie la possibilité de rejoindre la coalition anti-Etat islamique

Ashton Carter, le chef du Pentagone, a émis la possibilité que l'OTAN s'engage dans la coalition contre Daesh. Source: Reuters
Ashton Carter, le chef du Pentagone, a émis la possibilité que l'OTAN s'engage dans la coalition contre Daesh.

L'Alliance qui s'était montrée, jusqu'ici, réticente à participer directement à la coalition internationale contre Daesh «explore» dorénavant cette possibilité. C'est Ashton Carter, le secrétaire américain à la Défense qui l'a affirmé le 11 février.

La situation pourrait devenir explosive en Syrie. Quelques heures après que l'Arabie saoudite a annoncé être prête à participer à des opérations au sol en Syrie, le chef du Pentagone a fait une déclaration troublante. 

Alors que Riyad envisage d'envoyer jusqu'à 150 000 militaires sur le sol syrien si la coalition conduite par les Etats-Unis le décide, Ashton Carter a évoqué la possibilité que l'OTAN intervienne directement dans les affaires de la coalition. 

«Grâce au leadership du secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, nous explorons la possibilité pour l'OTAN de rejoindre la coalition comme un membre à part entière», a-t-il déclaré le 11 février. 

«En tant que nouveau membre, l'OTAN apporterait des capacités uniques» à la coalition, ainsi que son «expérience dans le renforcement des capacités chez des partenaires, dans l'entraînement de forces au sol et dans la stabilisation» post-conflit, a énuméré le secrétaire à la Défense.

Il a précisé que les Alliés discuteraient «dans les jours et semaines à venir» du «rôle approprié» que l'OTAN pourrait jouer au sein de la coalition, qui effectue depuis plus de 18 mois des frappes aériennes contre l'organisation djihadiste en Irak et en Syrie.

Si les 28 pays membres de l'OTAN participent tous individuellement à la coalition contre l'EI conduite par les Etats-Unis, l'Alliance, en tant qu'organisation de défense collective, avait jusqu'ici tenu à garder ses distances.

Le Premier ministre russe inquiet

Après les propos de Ryad, la réaction du Premier ministre russe, Dmitri Medvedev ne s'est pas fait attendre. Ce dernier a estimé qu'une offensive terrestre étrangère en Syrie présenterait le risque de déclencher «une nouvelle guerre mondiale», dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt à paraître le 12 février.

«Les offensives terrestres conduisent généralement à ce qu'une guerre devienne permanente», a averti le Premier ministre russe, ajoutant à ce propos : «Toutes les parties doivent être contraintes de s'asseoir à la table de négociations plutôt que de déclencher une nouvelle guerre mondiale».

«Les Américains et nos partenaires arabes doivent bien réfléchir : veulent-ils une guerre permanente, pensent-ils qu'ils pourraient gagner rapidement une telle guerre ? Quelque chose de cet ordre est impossible, particulièrement dans le monde arabe», a insisté Dmitri Medvedev.

Le groupe international de soutien à la Syrie ont entamé de difficiles pourparlers au soir du 11 février à Munich concernant une proposition russe de cessez-le-feu.

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