Apologie du terrorisme : les marionnettistes espagnols libérés de prison

Rassemblement en soutien aux deux marionnettistes © Capture d'écran Twitter
Rassemblement en soutien aux deux marionnettistes

Les deux marionnettistes espagnols qui avaient été emprisonnés pour avoir fait l’apologie du terrorisme avec un jeu de mot sur l’ETA, ont été libérés par la justice après que leur détention ait causé un scandale national.

Mais les deux comparses ont été relâchés sous des conditions strictes. Leurs passeports ont été confisqués, une interdiction de quitter le territoire leur a été notifiée et ils doivent pointer chaque jour dans une cour de justice.

Alfonso Lazaro de la Torre et Raul Garcia Perez ont été arrêtés après avoir fait un spectacle, le 5 février, au cours duquel ils avaient utilisé une pancarte sur laquelle on pouvait lire «Gora Alka-Eta», ce qui réunit le chant séparatiste «Gora ETA (Longue vie à l’ETA)» avec le mot inventé alka, afin de créer un slogan qui sonnait comme «Longue vie à Al-Qaïda».

Des sources judiciaires ont affirmé que d’autres scènes de ce spectacle de marionnettes produit lors des festivités du carnaval de Madrid représentaient le viol d’une none et la pendaison d’un juge, choquant les parents qui accompagnaient leurs enfants.

Mais de nombreux hommes politiques se sont insurgés contre leur arrestation pour apologie du terrorisme, affirmant que cela était allé trop loin et représentait une atteinte à la liberté d’expression. Un groupe de soutien aux victimes du terrorisme, choqué par la controverse, avait décidé de porter plainte contre la maire de Madrid, Manuela Carmena, les deux marionnettistes, et un autre membre de la mairie en charge de la culture.

Lors d’une conférence de presse, Manuela Carmena s’est excusée pour la représentation, bien qu’elle ait reconnu qu’il y ait eu «de l’incompréhension concernant la gravité des mesures prises contre ces marionnettistes».

Amnesty International avait demandé à ce que les charges contre les deux artistes soient annulées, avançant que les conditions dans lesquelles ils étaient détenus étaient «injustifiées». Pour Esteban Beltran, à la tête d’Amnesty Espagne, «peu importe si le contenu d’une pièce semble inadéquat, il ne mettra pas en danger la sécurité», ajoutant que seuls «les propos incitant directement à commettre des actes terroristes devraient être sanctionnés».

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