Trois députés arabes suspendus pour avoir rencontré les familles d'assaillants palestiniens

Des députés de la Liste Jointe, dont Haneen Zoabi à droite © Ammar Awad Source: Reuters
Des députés de la Liste Jointe, dont Haneen Zoabi à droite

La semaine dernière trois membres du parlement israélien ont rencontré dix familles d’assaillants palestiniens, dont les corps ne leur ont pas été rendus par la police. Ceci a été qualifié de «provocation» par la classe politique.

Le comité éthique de la Knesset a suspendu temporairement les trois députés du Balad de toutes les activités du parlement, à l’exception de la procédure de vote. Haneen Zoabi et Basel Ghattas ont été suspendus quatre mois, alors que Jamal Zahalka, qui a été sanctionné moins durement par le comité d’éthique, sera suspendu deux mois.

Le comité avait reçu plus de 450 plaintes concernant ces députés, dont certaines provenaient du Premier ministre Benjamin Netanyahou et de membres de familles israéliennes victimes des assaillants palestiniens.

La semaine dernière, les trois députés du parti Balad ont rencontré dix familles de Palestiniens tués en perpétrant des attaques sur des Israéliens, et qui n'avaient pas pu récupérer les corps de leur parent défunt au motif que celles-ci avaient refusé d’accepter que les funérailles ne serviraient pas à inciter à la haine. Les membres de la Knesset sont aussi accusés d’avoir participé à une minute de silence pour les «martyrs» palestiniens.

La rencontre a été condamnée par tous les partis du parlement, à l’exception la coalition arabe «la Liste Jointe».

Dans une interview donnée à la radio de l’armée le 9 février, Basel Ghattas a affirmé que les parlementaires avaient «simplement accompli leur devoir de serviteurs du public». Il a aussi déclaré qu’il avait «un emploi du temps très chargé au service des arabes» et que «depuis des mois, quasiment tous les députés de la Liste Jointe travaillent à la récupération des corps». Selon le député, il y a moins de deux semaines, il a rencontré le ministre de la Sûreté publique, Gilad Erdan, et lui a «dit que les familles avaient accepté les conditions des autorités pour recevoir les corps». Le ministre aurait affirmé que cela «ne faisait pas partie des informations qu’il avait» et qu’il fallait «lui apporter des éléments plus précis».    

Basel Ghattas a affirmé à la radio que la minute de silence n’était pas différente de celles observées en Israël en honneur des soldats tombés ou des survivants de l’holocauste. «Ce moment de silence nous a conféré un sentiment très fort, le sentiment d’être une nation comme les autres», a-t-il déclaré. «Il n’y a pas de nation qui rend honneur à ses victimes comme le peuple juif. Ce sont des coutumes nobles. La terminologie des deux côtés est différente, un meurtrier à vos yeux est une victime de l’occupation aux yeux de mon peuple. Si Israël n’occupait pas la Cisjordanie, ces enfants n’auraient pas à tuer des juifs», a conclu le député.

165 Palestiniens et 26 Israéliens ont été tués dans les violences qui embrasent la région depuis quatre mois. Israël avait annoncé qu’il ne restituerait plus les corps des assaillants palestiniens aux familles, estimant que les funérailles étaient autant d'occasions d'incitations au terrorisme.

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