Marine Le Pen : « Une monstrueuse gifle démocratique à l’UE »

La présidente du Front National est d’avis que la victoire du parti grec Syriza est une gifle démocratique monstrueuse pour l’Union européenne, estimant que le succès du parti anti-austérité signifie qu’un procès s’ouvre contre l’« eurostérité ».

« Je me réjouis de la gifle démocratique monstrueuse que le peuple grec vient d'administrer à l'Union européenne », a déclaré Marine Le Pen sur les ondes de la radio française RTL. Pour la présidente du Front National, le parti français d’extrême droite, la victoire de Syriza est la « conséquence de la souffrance inouïe endurée par le peuple grec sous l’influence de l’Union Européenne ».

En savoir plus : Après 5 ans d’humiliations, Syriza doit former un gouvernement de coalition

A ses yeux, le débat de l'élection grecque est celui de la liberté. « Est-ce qu'on veut être libre ? Avec l'Union européenne, nous ne le sommes pas… Qu’il s’agisse de notre politique d'immigration, de notre politique monétaire ou agricole ». Cette élection de dimanche, « c'est l'ouverture du procès de l'eurostérité », a souligné l’intéressée en ajoutant « Quand on essaie de contourner la démocratie, le boomerang revient toujours avec une vitesse accrue ». La présidente du Front National a encore mentionné que même si son parti « n’est pas d’accord avec tout le programme de Syriza », le Front National « célèbrera sa victoire ».

« Il y a une fracture en Europe qui passe par la reprise en main des peuples contre le totalitarisme de l'Union européenne et de ses complices, les marchés financiers », a-t-elle ajouté.

Jean-Marie Le Pen fondateur du Front National en 1972 et qui l’a présidé jusqu’en 2011, a salué « la défaite de l’Union européenne à Athènes ». 

La victoire de Syriza a été saluée par le Parti socialiste, dont plusieurs députés ont protesté contre les mesures d’austérité mises en place l’année dernière par le président français François Hollande. « La victoire d’un parti de gauche est toujours une bonne nouvelle pour le Parti socialiste », a expliqué Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti.

Jean-Luc Mélenchon, leader du Front gauche a qualifié la victoire de Syriza de « vrai bonheur ». « C'est une page nouvelle qui s’ouvre pour l'Europe. Peut-être que nous tenons l'occasion de reconstruire l'Europe qui est devenue l'Europe fédérale des libéraux », a affirmé Jean-Luc Mélenchon sur la chaîne française BFMTV.
Le 25 janvier, Syriza a obtenu 149 sièges sur les 300 que compte le Parlement grec. Alexis Tsipras, le chef du parti, s’est adressé aux milliers de supporters réunis pour la victoire à Athènes en déclarant que la Grèce tournait le dos à 5 ans d’humiliations et de souffrances, de peurs et d’autoritarisme. Ce dernier s’apprête à former un gouvernement stable et veut se débarrasser de ses trois créanciers principaux : l'Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE).

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