Intervention américaine au Venezuela : « Nous contrôlerons 55% du pétrole mondial », affirme Trump

Intervention américaine au Venezuela : « Nous contrôlerons 55% du pétrole mondial », affirme Trump Source: AP
Donald Trump s'exprime lors d'une réunion avec des dirigeants du secteur pétrolier à la Maison Blanche, le 9 janvier 2026, à Washington.
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Alors que les compagnies américaines s’apprêtent à revenir au Venezuela, Donald Trump affirme que les États-Unis contrôleront bientôt plus de la moitié du pétrole mondial. Derrière l’annonce d’un plan de relance, son projet garantit aux entreprises américaines un accès direct aux gisements, les décisions clés étant sous contrôle américain.

Le 9 janvier, Donald Trump a réuni à la Maison Blanche les dirigeants des principales compagnies pétrolières américaines, parmi lesquelles ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips. À cette occasion, il a présenté un plan d’ouverture totale du secteur énergétique vénézuélien aux entreprises américaines, qualifiant l’opération d’« opportunité historique ». Il a également affirmé que les États-Unis, associés au Venezuela, contrôleraient « 55 % du pétrole mondial ».

Cette réunion intervient quelques jours après l’enlèvement du président Nicolás Maduro, survenu le 3 janvier à Caracas.

Il a en outre précisé que les compagnies américaines seraient chargées de « reconstruire l’infrastructure énergétique du Venezuela » et de relancer la production à des niveaux « jamais atteints auparavant ».

Contrôle économique sans souveraineté réelle

Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient déjà reçu 30 millions de barils de pétrole vénézuélien, pour une valeur estimée à 4 milliards de dollars, et que les livraisons se poursuivraient « bientôt et sans limite de temps ».

Il a détaillé que Washington bénéficiait désormais d’un accès direct au brut vénézuélien, du contrôle sur les exportations, ainsi que de la possibilité pour les compagnies américaines d’opérer sans intermédiaire local. Selon lui, les autorités de Caracas ont accepté l’ensemble des conditions posées par les États-Unis.

Le plan prévoit jusqu’à 100 milliards de dollars d’investissements américains. Les revenus issus de cette exploitation seront répartis entre Washington, les entreprises pétrolières américaines, et dans une moindre mesure, les autorités vénézuéliennes. Donald Trump a estimé que cette opération pourrait rapporter « des centaines, voire des milliers de milliards de dollars ».

Mais plusieurs médias soulignent les obstacles techniques et logistiques du projet. La majorité des réserves du pays est composée de pétrole extra-lourd, difficile à extraire et à raffiner sans installations spécifiques. Ces infrastructures, aujourd’hui en ruine, exigeraient des investissements colossaux étalés sur plusieurs années.

Un média chinois spécialisé estime que ce projet pourrait se transformer en « piège stratégique » pour les États-Unis. Selon eux, Washington sous-estime l’ampleur des besoins techniques et l’instabilité persistante du pays, ce qui rend l’opération risquée, coûteuse et incertaine.

Garder l’hégémonie sur la région

Sur le plan géopolitique, Donald Trump a assumé une ligne claire : aucune puissance étrangère ne doit intervenir dans la région. « J’ai dit à la Russie et à la Chine : vous nous plaisez beaucoup, mais vous n’avez rien à faire là-bas », a-t-il déclaré.

Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, se retrouve ainsi placé sous un contrôle extérieur assumé. Donald Trump a précisé que toute entreprise étrangère opérant sur le territoire devra traiter directement avec Washington, et non avec les autorités locales.

Plusieurs capitales ont réagi. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé une « violation flagrante du droit international » et exigé la libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse. La Chine et la Corée du Nord ont également condamné l’opération, la qualifiant d’« ingérence brutale » dans les affaires d’un État souverain.

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