Trump prépare l’appropriation du pétrole vénézuélien au profit des multinationales américaines

Trump prépare l’appropriation du pétrole vénézuélien au profit des multinationales américaines Source: AP
La raffinerie El Palito à Puerto Cabello, au Venezuela, le 21 décembre 2025.
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Derrière ses promesses de reconstruction, Donald Trump prépare une prise de contrôle totale du pétrole vénézuélien. En imposant ses entreprises, ses conditions, et en excluant totalement le peuple local des décisions, Washington applique une stratégie néocoloniale assumée. Les réactions internationales s’accumulent.

Depuis l’enlèvement illégal du président Nicolás Maduro, Donald Trump affirme vouloir aider le Venezuela à « se reconstruire ». Il promet l’arrivée des « plus grandes compagnies pétrolières américaines », qui vont selon lui « dépenser des milliards de dollars », « réparer les infrastructures » et « générer des revenus pour le pays ».

Mais derrière cette façade d’aide économique, les intentions réelles sont très différentes. L’objectif ne serait pas d’aider, mais de prendre le contrôle total du pétrole vénézuélien. Selon Politico, l’administration Trump a posé ses conditions : les compagnies pétrolières occidentales ne pourront revenir qu’en échange d’investissements massifs, et sous domination américaine.

C’est une stratégie de recolonisation économique : le Venezuela, privé de toute souveraineté, se voit imposer des entreprises étrangères, un agenda étranger, et des intérêts qui ne sont pas les siens. Le tout, alors même que l’embargo américain reste en place, maintenant le pays sous pression et le forçant à dépendre de ceux qui l’ont agressé.

Derrière les contrats, une prise de contrôle des ressources

Le projet américain vise directement le pétrole vénézuélien. Le pays possède les plus grandes réserves avérées au monde, avec près de 303 milliards de barils selon l’Agence internationale de l’énergie.

Ce brut lourd, difficile à traiter, est parfaitement adapté aux raffineries américaines du golfe du Mexique. Trump veut rétablir ce lien stratégique, mais aux conditions des États-Unis, et au seul profit des compagnies américaines.

Les groupes comme ExxonMobil et ConocoPhillips, expulsés après les nationalisations de Hugo Chávez, sont invités à revenir. Pas par Caracas, mais sur décision de Washington, qui entend leur garantir un accès direct aux gisements.

Donald Trump ajoute que les États-Unis vont « extraire du sol une quantité colossale de richesses » et conserver une partie des recettes en compensation des « dommages » causés par le Venezuela.

Dans cette logique, les ressources du pays deviennent un outil de remboursement imposé, sans consultation populaire ni respect de la souveraineté.

Une opération dénoncée comme un pillage organisé

Les réactions internationales n’ont pas tardé. De plus en plus de voix dénoncent un projet de spoliation économique sous couvert d’aide à la population et de lutte contre le trafic de drogue.

Le sénateur russe Alexeï Pouchkov parle d’une opération « où la lutte antidrogue n’est qu’un prétexte », estimant que « l’objectif réel est le contrôle du pétrole vénézuélien ».

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin affirme que Trump vient de « mettre la main sur la plus grande station d’essence du monde ». Jean-Luc Mélenchon dénonce lui une intervention militaire motivée par « l’appétit économique et la volonté impérialiste des États-Unis ». Même aux États-Unis, des voix critiques s’élèvent. La députée Alexandria Ocasio-Cortez déclare qu’« il s’agit de pétrole et de changement de régime, pas de drogue ».

Parmi les réactions officielles, celle de Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, est sans ambiguïté. Il estime que « malgré l’illégalité évidente des actes de Trump, on ne peut lui reprocher un manque de cohérence ». Il décrit une politique américaine animée par une logique constante : « s’emparer des ressources des autres ». Pour Medvedev, Trump ne fait qu’appliquer « le droit du plus fort ». Il ajoute que l’enlèvement de Nicolás Maduro « renforcera la haine contre les gringos en Amérique latine » et conclut : « Les États-Unis n’ont désormais plus aucun argument pour critiquer la Russie. »

Ces déclarations mettent en lumière la nature réelle du projet américain : rien ne légitime cette opération. Aucune décision n’a été prise par le peuple vénézuélien. Aucun mandat international n’a été donné. Tout est décidé unilatéralement à Washington, selon les intérêts des multinationales américaines. Le peuple vénézuélien est totalement écarté du processus.

Ce que Washington présente comme une relance est en réalité une prise de contrôle. C’est une stratégie de pillage moderne, orchestrée depuis l’étranger, avec l’objectif clair de s’emparer durablement des ressources du pays.

Malgré l’enlèvement du chef de l’État, rien n’indique à ce stade que le pouvoir en place s’effondrerait. Selon plusieurs médias, les institutions resteraient debout, la chaîne de commandement militaire intacte, et les forces vénézuéliennes maintiendraient pour le moment leur cohésion.

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