G20 en Afrique du Sud : Ramaphosa appelle à une coopération mondiale renforcée
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Lors de la réunion des ministres des Finances et des banques centrales du G20 au Cap, Cyril Ramaphosa a mis en avant la croissance économique de l’Afrique tout en soulignant les défis majeurs auxquels le continent est confronté. Il a appelé à une coopération internationale renforcée pour répondre aux crises climatiques, aux inégalités.
Ce 26 février 2025, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 se sont réunis au Cap sous la présidence sud-africaine de l’organisation.
En marge de ce sommet, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé à «un changement radical dans nos efforts pour améliorer la vie des peuples du monde».
L’Afrique du Sud, qui assure la présidence tournante du G20 depuis décembre 2024, est le premier pays africain à diriger cette organisation. Un sommet des dirigeants du G20 est prévu en novembre 2025 à Johannesburg, marquant une étape clé avant que les États-Unis ne prennent la présidence en 2026.
Dans son discours, Cyril Ramaphosa a déclaré que «l’Afrique abrite certaines des économies à la croissance la plus rapide au monde». Toutefois, il a aussi mis en avant les nombreux défis auxquels le continent fait face, citant «les effets du changement climatique, la pauvreté généralisée et les vestiges et l’héritage de ce qui lui est arrivé lors de la domination coloniale du passé».
L’un des points centraux de son intervention a été l’érosion du multilatéralisme. «L’érosion du multilatéralisme constitue une menace pour la croissance et la stabilité mondiale», a-t-il affirmé. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les nations pour garantir un développement économique plus juste et inclusif. «En cette période d’incertitude mondiale et d’escalade des tensions, il est plus important que jamais que les membres du G20 travaillent ensemble », a-t-il déclaré.
Cyril Ramaphosa a également mis l’accent sur la nécessité d’un soutien financier accru pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique. «L’augmentation du nombre de catastrophes naturelles provoquées par le climat affecte de manière disproportionnée les pays qui peuvent le moins supporter les coûts de rétablissement et de reconstruction», a-t-il déclaré, appelant à des «mécanismes de financement et d’assurance novateurs pour les secours en cas de catastrophe».
L’absence des représentants américains a marqué cette réunion. Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent, ainsi que le secrétaire d’État Marco Rubio, ont choisi de ne pas participer. Ce dernier a justifié son absence en dénonçant un supposé «anti-américanisme» du sommet. Cette situation s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Pretoria, l’administration Trump ayant ouvertement critiqué les priorités du G20 sous présidence sud-africaine.
Malgré ces absences, plusieurs dirigeants mondiaux ont apporté leur soutien aux objectifs de l’Afrique du Sud. Le ministre allemand des Finances, Joerg Kukies, a déclaré à Bloomberg que les priorités de la présidence sud-africaine, notamment la croissance économique et la coopération, étaient «très proches des nôtres».
Le sommet a ainsi mis en lumière les ambitions africaines en matière de développement et de transition énergétique. Cyril Ramaphosa a rappelé l’urgence d’une action collective : «Nous n’agissons pas assez rapidement ni avec assez d’audace pour relever ces défis mondiaux. Nous devons collectivement viser un changement radical dans nos efforts pour améliorer la vie de tous nos concitoyens et protéger les générations futures.»