Brésil : l'assemblée lance une procédure de destitution contre la présidente Dilma Rousseff

© Ueslei Marcelino Source: Reuters

Accusée d'avoir maquillé les comptes de l'Etat en 2014 et 2015, la présidente du Brésil fait l'objet d'une procédure de destitution lancée mercredi 2 décembre par l'un de ses rivaux, Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés.

En conférence de presse, Cunha a précisé que «cela veut dire autoriser l'ouverture (de la procédure), non pas en juger du bien-fondé, ce qui reviendra à la commission spéciale (de la chambre basse) qui pourra l'accepter ou le rejeter». En effet, la procédure qui mène à l'éviction du chef de l'Etat brésilien est extrêmement longue et fastidieuse.

Tout d'abord, une Commission spéciale de députés doit maintenant se rassembler afin de voter un rapport qui préconisera ou non la destitution de Dilma Rousseff. Si celui-ci se place en faveur de la destitution, il sera soumis à l'ordre du jour de l'assemblée plénière des députés. Pour que le procédé se poursuive, à ce stade, il faudra alors que deux tiers d'entre eux (342 députés sur 513) votent en faveur de son éviction. Ce n'est qu'alors que la présidente du Brésil serait écartée provisoirement.

La tâche de se prononcer sur la destitution définitive de Dilma Rousseff reviendrait alors au Sénat, qui devrait la faire juger au Tribunal suprême du Brésil, où deux tiers des sénateurs présents devraient voter en faveur de son éviction.

Eduardo Cunha est un député évangélique ultra-conservateur, membre du Parti du mouvement démocratique brésilien, formation qui est alliée dans la coalition au pouvoir, avec le Parti des travailleurs de Rousseff. Cependant, il a récemment pris ses distances vis-à-vis d'elle, s'érigeant de plus en plus comme l'un de ses adversaires. Cunha est lui même sur le banc des accusés dans une affaire de corruption qui touche la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras.

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La présidente brésilienne de gauche Dilma Rousseff s'est déclarée mercredi "convaincue" que la procédure de destitution "sans fondement" lancée contre elle par le président de la Chambre des députés Eduardo Cunha n'aboutirait pas.

"J'ai la conviction et l'absolue tranquilité que cette demande est totalement sans fondement", a dit la présidente dans une brève allocution télévisée à la nation, se disant "indignée" par la décision d'Eduardo Cunha, son plus farouche ennemi politique.

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