La diplomatie algérienne pense que les opérations étrangères aggravent la situation au Moyen-Orient

Ratmane Lamamra, ici avec Laurent Fabius, estime que les interventions militaires étrangères sont le plus souvent néfastes. Source: Reuters
Ratmane Lamamra, ici avec Laurent Fabius, estime que les interventions militaires étrangères sont le plus souvent néfastes.

Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères algérien, ne se montre pas tendre avec les interventions militaires occidentales qui ne font, selon lui, qu’accroître l'instabilité de la région. Comme cela a été le cas en Libye.

En déplacement à Paris pour la COP21, Ramtane Lamamra, le ministère des Affaires étrangères algérien, a donné une interview au quotidien britannique The Independent, dans laquelle il n’épargne pas le rôle occidental dans la crise libyenne.

Voisine de la Libye, l’Algérie estime ainsi que «les interventions militaires étrangères sont une part du problème et pas de la solution», a expliqué Ramtane Lamamra. «Ces interventions augmentent la probabilité de voir se développer le terrorisme et une déstabilisation des pays qui sont opposés à ces interventions étrangères».

Diplomate, et ministre des Affaires étrangères depuis 2013, Ramtane Lamamra estime ainsi que, sur le dossier libyen, les propositions de médiation de l’Algérie ou de l’Union africaine ont été ignoré par l’Otan afin de pouvoir renverser Mouammar Kadhafi. «L’intervention en Lybie a sûrement empêché les Libyens de trouver eux-mêmes une solution pour une transition pacifique». A l’inverse, estime M. Lamamra, les bombardements français ont permis à des groupes armés de s’imposer en profitant du chaos.

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Souhaitant remettre le pays au centre du jeu diplomatique au Moyen-Orient, les autorités algériennes ont déployé de nombreux soldats sur ses frontières avec la Mauritanie, le Mali ou la Libye afin d’éviter les incursions djihadistes.

Ils tentent aussi, avec plus ou moins de succès, de venir à bout des terroristes sévissant dans le Sahel. Et pour M. Lamamra, ce problème doit être géré par les puissances locales. «Chaque fois que vous contribuez à résoudre les problèmes de votre voisin, vous protégez votre propre sécurité», plaide le ministre, selon qui le constat libyen doit aussi s’imposer à propos de la Syrie. 

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