Un ministre polonais évoque des bases de l'OTAN sur le territoire national, vive réaction de Moscou

Les récentes déclarations de Witold Waszczykowski n'ont pas été appréciées de Moscou. Source: Reuters
Les récentes déclarations de Witold Waszczykowski n'ont pas été appréciées de Moscou.

Witold Waszczykowski, nouveau chef de la diplomatie polonaise, a fait part de sa volonté de voir l’alliance établir des bases dans le pays. La Russie qualifie ces déclarations de «provocation».

La tension est déjà au plus haut entre Moscou et l’OTAN depuis qu’un de ses membres, en l'occurrence la Turquie, a abattu un chasseur russe mardi 24 novembre. Les récentes déclarations du ministre des Affaires étrangères polonais ne vont pas aider à faire redescendre la pression.

Tout est parti d’une interview

Dans un entretien publié mercredi, Witold Waszczykowski a fait remarquer que des troupes américaines étaient stationnées en Europe de l’Ouest. «Il y a des bases militaires et des installations de défense, alors qu'en Pologne il n'y a rien» a-t-il souligné.

Il demande à ce que le niveau de sécurité soit le même entre anciens et nouveaux membres de l’OTAN. De quoi lui faire évoquer l’annulation de l’entente OTAN-Russie de 1997.

Ce dernier engage l’alliance à ne pas déployer d’armes nucléaires chez ses nouveaux membres. Il traite également de la question du stationnement permanent des forces otanesques en Europe centrale. Moscou considère que les termes de l’entente interdisent l’installation de bases permanentes dans cette zone.

Pour Witold Waszczykowski, ce document est «un accord à caractère politique, n'ayant pas force de loi, conclu dans une autre réalité internationale».

La diplomatie russe s’inquiète

Le ministère des Affaires étrangères de la fédération a qualifié les déclarations de Waszczykowski de «provocation extrêmement dangereuse». «Cela participe à l'endoctrinement de la population occidentale à l'approche du prochain sommet de l'OTAN» a souligné Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe. Les représentants des pays membres de l’alliance se rencontreront à Varsovie en juillet prochain.

La Pologne rétro-pédale

Du côté de Varsovie, on joue la carte du malentendu. Selon les autorités, les propos de Witold Waszczykowski ont été mal interprétés.

«Le ministre n'évoquait pas l'Acte fondateur OTAN-Russie adopté en 1997, mais une déclaration politique de l'OTAN portant sur le non-stationnement de grandes unités militaires en Europe centrale. Les conclusions de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères sont par conséquent sans fondement», a affirmé la diplomatie polonaise dans un communiqué.

La suite du document se montre plus concrète : «L'OTAN réaffirme que dans l'environnement de sécurité actuel et prévisible, l'alliance remplira sa mission de défense collective et ses autres missions en veillant à assurer l'interopérabilité, l'intégration et la capacité de renforcement nécessaires plutôt qu'en recourant à un stationnement permanent supplémentaire d'importantes forces de combat.»

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