Colloque au Sénat, Jean-Pierre Chevènement : «La majorité du peuple n'est pas russophobe»

le Sénat, Palais du Luxembourg, Paris© Jacky Naegelen Source: Reuters
le Sénat, Palais du Luxembourg, Paris

Aujourd'hui se tient au Palais du Luxembourg un colloque qui porte sur «France-Russie-Europe : Schisme ou réconciliation». L'occasion pour des chercheurs et diplomates de s'interroger sur les mutations géopolitiques et les défis qu'elles supposent.

C'est sous le signe de tentatives de conciliation, voire de réconciliation que s'est ouvert le colloque, avec l'intervention de Pascal Boniface, président de l'Institut de Relations Internationales et Stratégie (IRIS). Evoquant les relations avec la Russie, il a ainsi estimé que: «lorsqu'il y a des divergences, il y a aussi des possibilités d'accords. Ne pas être d'accord à 100% n'est pas une fin en soi», tout en ajoutant : «La Russie est incontournable au niveau international».

L'intervention d'Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin, a également posé les bases d'une analyse. Selon lui, « Dans ces désaccords entre la Russie et l'Europe, les torts sont partagés». Cependant, il a indiqué que «l'Europe s'est comportée de façon désinvolte et arrogante envers la Russie», tout en posant que le bilan des relations entre l'Europe et la Russie depuis 1991 n'était pas, selon lui, «bon». 

Pour améliorer les relations franco-russes, Hubert Védrine estime qu'«il faut sortir de l'impasse ukrainienne et mettre fin au marasme des sanctions».

L'écueil à éviter est selon Hubert Védrine, qu'«il ne faut pas que ressurgisse le spectre d'une guerre froide». Appelant de ses voeux la création, «d'un axe eurasiatique», création «nécessaire et juste», l'ancien ministre a estimé qu'«un monde multipolaire sans la Russie n'a pas de sens».

Igor Ivanov, actuel Président du Conseil russe pour les affaires étrangères s'est exprimé à son tour. Selon lui, «la crise ukrainienne semble mettre fin aux perspectives d'une grande Europe unie partenaire de la Russie». 

Déplorant la position européenne, il a ainsi indiqué que «l'Europe tente malheureusement d'obliger la Russie à jouer selon les règles du jeu européennes», tout en disant préférer «la coopération aux pressions géopolitiques». Il a donné pour exemple l'accord sur le nucléaire iranien, qui constitue selon lui, «un excellent exemple qu'une coopération est possible entre la Russie et l'Europe».

Jean-Pierre Chevènement plaide pour la raison

L’ancien ministre et fondateur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) se veut pragmatique. Il a assuré qu’en France, «beaucoup de gens sont partisans d’une solution raisonnable» au problème des relations franco-russes. «On ne peut pas s’engager dans une confrontation de longue durée sans de graves dommages de part et d’autre» a-t-il prévenu.


L’ex sénateur s’est félicité de la «réussite» de ce colloque qui aura permis «d’entendre des intervenants particulièrement expérimentés». Il a notamment loué le discours visant à «faire des relations franco-russes un laboratoire pour les relations entre la Russie et l’Europe toute entière».

Auteur: RT France

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