Des élus US mettent en garde l'UE concernant l'étiquetage des produits des colonies israéliennes

Un soldat israélien dans une colonie en Cisjordanie © Darren Whiteside Source: Reuters
Un soldat israélien dans une colonie en Cisjordanie

Federica Mogherini a reçu une lettre cosignée par 36 sénateurs américains, la priant de ne pas faire appliquer la mesure votée par le parlement visant à étiqueter les produits en provenance des colonies israéliennes importés dans l’UE.


Des sénateurs démocrates et républicains ont écrit à la porte-parole de la diplomatie européenne afin d’exprimer leur «inquiétude» au sujet de cette mesure, soutenue en septembre par les parlementaires européens, suite à une requête rédigée par seize ministres des Affaires étrangères européens réclamant cet étiquetage.

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«En tant qu’alliés, représentants élus du peuple américain et fervents soutiens d’Israël, nous vous pressons de ne pas mettre en œuvre cette mesure d’étiquetage, qui semble destinée à décourager les européens à acheter ces produits et promouvoir un boycott de facto d’Israël, un allié clé et la seule vraie démocratie du Moyen-Orient», écrivent les sénateurs, menés par le Républicain Ted Cruz.

Dans la lettre, les sénateurs rappellent que «le Congrès a voté le mandat pour la promotion des échanges commerciaux (TPA), imposant aux Etats-Unis le devoir de décourager l’Europe d’appliquer des mesures motivées politiquement afin de pratiquer le boycott, le désinvestissement, ou des sanctions contre Israëlpendant les négociations du partenariat transatlantique». Ainsi, dans ce qui semble ressembler à une mise en garde, les élus américains expliquent que l’étiquetage des produits issus des territoires occupés par Israël, «créé un précédent dérangeant qui pourrait éventuellement mener aux types d’activités visées par le TPA», c’est-à-dire le boycott.


Les sénateurs trouvent «très inquiétant» que l’Union Européenne «envisage d’appliquer une mesure» qui mettrait «davantage de pression diplomatique et économique sur Israël», et va «dans le même sens que BDS», c’est-à-dire «délégitimer Israël plutôt que promouvoir une résolution des problèmes entre Israël et les Palestiniens».

La publication de cette lettre arrive la veille du jour où la Commission européenne doit se prononcer sur l'application ou non de cette mesure. Si cela avait lieu, les 28 Etats membres devrait s'y conformer et ainsi étiqueter les produits en provenance des colonies israéliennes dans toute l’Union Européenne. Israël, fermement opposé à cette mesure, a exprimé sa vive inquiétude au sujet de cet étiquetage. Ainsi, le ministre de l’énergie Yuval Steinitz, a déclaré à ce sujet : «On se rappelle  tous l'époque où les produits juifs étaient signalés comme tels  en Europe», faisant ainsi, comme Netanyahou, un parallèle entre l’UE et l’Allemagne nazie.

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