Un ancien militaire néonazi condamné à 9 ans de prison pour un projet d'attentat

- Avec AFP

Un ancien militaire néonazi condamné à 9 ans de prison pour un projet d'attentat© © Thomas COEX / AFP Source: AFP
Salle d'audience du Palais de justice de Paris (image d'illustration).
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La justice a décidé de condamner un ancien militaire néonazi à 9 ans de prison pour «préparation individuelle à la commission d'un acte de terrorisme». L'homme était détenteur d'armes et avait repéré plusieurs cibles.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce 28 janvier à neuf ans de prison Aurélien Chapeau, un ex-militaire adepte du néonazisme et des armes «intoxiqué» à la propagande en ligne, pour «préparation individuelle à la commission d'un acte de terrorisme».

Aurélien Chapeau, 38 ans, était-il un «loup solitaire» s'apprêtant à commettre une «tuerie de masse» comme l'a martelé l'accusation ? Ou un troll d'internet, comme il en existe «des dizaines et des centaines et qui heureusement ne passent pas tous les jours à l'action», dépeint par sa défense ?

«Le tribunal ne lit pas les augures», a évacué le président de la 16e chambre du Tribunal correctionnel de Paris en rendant son jugement.

«Nous ne sommes pas là pour savoir si oui ou non vous seriez passé à l'acte sans l'intervention des services de police», a-t-il ajouté, assurant avoir constaté «la multiplicité des actes préparatoires» et à «très haut niveau d'intensité» de l'ex-militaire radicalisé.

Sous le pseudo «Ayatjouz» («I hate Jews», je hais les juifs), cet ancien cuistot de l'armée reconverti en agent de sécurité fréquentait depuis 2010 des forums d'extrême droite.

Déjà condamnée pour des menaces contre SOS Racisme

Aurélien Chapeau avait déjà eu maille à partir avec la justice. En mai 2019, il avait été condamné à quatre mois de prison ferme pour des menaces à l'encontre de membres de l'association SOS Racisme.

Malgré cette première condamnation, derrière son écran, il s'était progressivement mis, à partir de 2019, à multiplier les messages de plus en plus menaçants.

Pour le ministère public, tout était réuni pour qualifier le projet de «terroriste», à savoir : l'idéologie, la détention d'armes, et surtout le repérage de cibles. 

Lorsqu'ils l'ont interpellé le 26 mai 2020 à son domicile à Limoges, après un signalement des cyber-patrouilleurs du renseignement intérieur, les enquêteurs ont mis la main sur des explosifs artisanaux, mais surtout sur trois armes à feu, dont un fusil mitrailleur, et des centaines de munitions correspondantes.

Selon les éléments de l'enquête, Aurélien  Chapeau avait effectué sur internet des recherches concernant des lieux fréquentés par la communauté juive à Limoges, mais aussi à Strasbourg et dans la région parisienne et publié sur des forums des captures d'écran de certaines adresses. 

Le potentiel «loup solitaire» avait bien tenté de prendre contact avec des groupes d'extrême droite constitués, notamment le groupuscule néonazi américain «Atomwaffen Division». Ces tentatives n'avaient pas abouti.

Pendant trois jours, le tribunal a dressé le profil d'un homme très isolé, peu éduqué, en échec professionnel et personnel et à la masculinité fragile. 

Se disant «intoxiqué», via son écran, par les idées les plus violentes de l'extrême droite, l'agent de sécurité était autant obsédé par les juifs que par la crainte d'un «grand remplacement» racial en Occident.

Auprès de sa communauté, il se présentait en adorateur de Brenton Tarrant, l'Australien suprémaciste blanc qui a assassiné 51 personnes dans deux mosquées de Nouvelle-Zélande en mars 2019.

Un modèle qu'il voulait suivre, comme il le disait sur internet ? «J'ai pas acheté ces armes pour tuer qui que ce soit, je le jure devant Dieu, je mérite d'être puni pour la propagande que j'ai diffusée mais il n'y a jamais eu de projet d’attentat», a assuré l'homme aux cheveux blonds ras et à la posture raide.

«Oui, il n'y a rien de concret, vous n'êtes pas sorti avec votre arme pour tirer sur les gens. Mais on est au stade du projet, on intervient en amont», avait soutenu le procureur qui avait comparé l'idéologie d'Aurélien Chapeau à celle d'un «djihad blanc».

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