L'agence française «Viginum» autorisée à surveiller les publications sur les réseaux sociaux

L'agence française «Viginum» autorisée à surveiller les publications sur les réseaux sociaux© Justin Sullivan/Getty Images North America/Getty Images via AFP
Viginum a reçu le feu vert du Conseil d'État pour collecter les données publiques sur les réseaux sociaux (image d'illustration).
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Nouveau service français de protection contre les ingérences numériques étrangères, Viginum a reçu le feu vert du Conseil d'Etat pour collecter les données publiques sur les réseaux sociaux, afin de lutter contre la diffusion de fausses informations.

Une étape importante dans la surveillance des réseaux sociaux vient d'être franchie, rapporte Le Figaro : par un décret paru au Journal officiel le 9 décembre, Viginum, l'agence de l'Etat créée en juillet 2021 pour protéger la France des «ingérences numériques étrangères», est désormais officiellement opérationnelle. Le Conseil d'Etat l'a en effet autorisée à collecter les données publiques sur les réseaux sociaux, soit «un soulagement pour l'Etat, qui n'a donc pas à se soumettre au débat parlementaire», relève le quotidien, puisqu'un projet de loi ne sera pas nécessaire pour définir le périmètre d'action de Viginum.

Selon le texte, Viginum «est autorisée à mettre en œuvre un traitement informatisé et automatisé de données à caractère personnel», avec pour finalités «la détection et la caractérisation des opérations impliquant, de manière directe ou indirecte, un Etat étranger ou une entité non étatique étrangère, et visant à la diffusion artificielle ou automatisée, massive et délibérée [...] d'allégations ou imputations de faits manifestement inexactes ou trompeuses de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation». De fait, la nouvelle agence étudiera les modes opératoires et les techniques qui permettent d'amplifier la diffusion d'un contenu en ligne en examinant les hashtags et les faux profils.

L'analyse englobera les publics visés et les effets recherchés dans la narration des informations. L'ambition de l'agence consiste, selon Le Figaro, à «démontrer que certains faits partagés par des citoyens français peuvent s'appuyer sur des éléments créés de toutes pièces par d'autres pays, afin de les induire en erreur». Une démarche qui fait écho à l'annonce par l’AFP, le 6 décembre, du partenariat «Objectif désintox» avec Google, afin de renforcer la collaboration entre médias et organisations de «fact-checking» pour lutter contre la désinformation.

Dans le contexte de l'élection présidentielle, les autorités se dotent ainsi des moyens de repérer des «campagnes de manipulation sur les réseaux sociaux», qui pourraient être orchestrées depuis l'étranger. Si une «campagne étrangère hostile» venait à être caractérisée, l'Etat français pourrait décider de lancer une «stratégie de réponse contre un pays», et rendre publiques ces ingérences, geler des accords commerciaux et avoirs financiers, voire «s'engager dans des opérations plus secrètes».

Les messageries privées ne sont pas concernées

Viginum pourra travailler sur les plateformes qui nécessitent une inscription à un compte et dont l'activité sur le territoire français dépasse un seuil de cinq millions de visiteurs uniques par mois, comme Facebook, Instagram ou Twitter. Selon Le Figaro, les messageries privées, comme WhatsApp ou Messenger, ne sont pas concernées. En termes d'encadrement, la collecte et l'exploitation des données «devront être déclenchées après qu'un agent a détecté quelque chose de suspect», et les données ne devraient pas être gardées plus de six mois.

Ces derniers mois, précise le quotidien, Viginum a discuté avec les services de Cédric O, secrétaire d'Etat chargé du Numérique, ainsi qu'avec les représentants de Twitter, Facebook, Google, TikTok, Snapchat, Microsoft, Qwant ou encore Wikimedia afin de discuter de la gestion des informations sur les réseaux sociaux. Dotée d'un budget de 12 millions d'euros, Viginum compte aujourd'hui une vingtaine de personnes à plein temps. Son directeur est Gabriel Ferriol, 44 ans, un magistrat de la Cour des comptes, ingénieur de formation, passé par le ministère des Armées.

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