Les renseignements marocains ont-ils infiltré le Conseil français du culte musulman ?

Les renseignements marocains ont-ils infiltré le Conseil français du culte musulman ?© Ludovic Marin Source: AFP
Le président du Conseil français du culte musulman Mohammed Moussaoui au côté du président Emmanuel Macron le 18 janvier 2021 au palais de l'Elysée à Paris. (image d'illustration)
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D'après une information du Point, un membre des renseignements marocains résidant en France serait soupçonné d'avoir été «l'agent traitant» du président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui. Ce dernier nie toute ingérence.

Selon une information révélée par Le Point le 1er décembre, un agent secret marocain serait soupçonné d'avoir cherché à influencer l'islam de France à travers son rôle présumé d'«agent traitant» du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui.

Visé par un mandat d'arrêt depuis mars 2018 pour «corruption d'agents publics en France», Mohamed B. – qui vit en France depuis 2010 – serait aujourd'hui soupçonné d'avoir tenté d'infiltrer plusieurs organisations islamiques françaises pour le compte des services de renseignement marocain. L'homme qui est fiché «S03» (recherche de renseignements sans attirer l'attention), le désignant ainsi comme un agent des services de renseignement marocains, aurait aujourd'hui disparu de la circulation. Jusque-là, toutes les tentatives menées par la police pour le retrouver auraient été vaines.

Selon Le Point, Mohamed B. aurait réussi à mettre la main sur plusieurs dizaines de fiches d'informations confidentielles portant sur des personnes plus ou moins liées à la mouvance islamiste. Sauf que l'affaire ne s'arrête pas là. L'enquête portant sur la transmission illégale de documents officiels dont certains seraient classés «confidentiel défense» aurait mis en lumière le véritable rôle joué par Mohamed B. en France.

Un «agent traitant» du président du Conseil français du culte musulman ?

Plus qu'un simple agent, l'homme serait en réalité un rouage essentiel de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), l'équivalent marocain de la DGSE française. Sa mission serait de renforcer le contrôle du royaume chérifien sur la pratique de l'islam en Europe. D'après Le Point, Mohamed B. serait soupçonné d'avoir été, des années durant, «l'agent traitant» du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le Franco-Marocain Mohammed Moussaoui. L'homme serait ainsi une pièce maitresse d'un dispositif marocain visant à asseoir l'influence du Maroc sur de nombreuses mosquées françaises et contrer ainsi les intérêts du rival algérien.

Toujours selon Le Point, les quittances de loyer de l'appartement parisien occupé par Mohammed Moussaoui seraient directement adressées à un certain Samir X., attaché à l'ambassade du royaume du Maroc en France, mais qui en réalité serait le numéro 3 de la DGED à Paris.

Mohammed Moussaoui nie toute ingérence

Contacté par Le Point, Mohammed Moussaoui s'est défendu de toute ingérence. Pour lui, ses fonctions au sein de l'Union des Musulmans de France (UMF) l'ont conduit à être «régulièrement en contact avec les membres marocains et français de ce comité». «C'est dans ce cadre-là et en toute transparence que j'ai pu avoir des contacts avec Mohamed B.», assure-t-il, ici cité par l'hebdomadaire.

Quant à son logement, Mohammed Moussaoui a expliqué qu'il appartenait à l'ambassade du Maroc qui lui mettrait à disposition pour pouvoir assurer sa mission bénévole de gestion de plusieurs organisations de coopération franco-marocaine. «Une fois que ma mission sera terminée, notamment avec la fin des imams détachés en 2024 et la mise en place de formations d'imams en France, je ne disposerai plus de ce logement, dont d'ailleurs je n'aurai plus besoin», affirme-t-il encore.

Comme le relève Le Point, cette potentielle ingérence du Maroc arrive au moment même où le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ambitionne de réformer en profondeur la gouvernance du culte musulman en France. Un projet de réforme est censé voir le jour en début d'année prochaine après une phase de consultation entamée cette année.

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