Afghanistan : la mise en garde de Macron contre «les flux migratoires irréguliers» crée la polémique

Afghanistan : la mise en garde de Macron contre «les flux migratoires irréguliers» crée la polémique© REUTERS/Eric Gaillard
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Le président Emmanuel Macron au Fort de Brégançon à Bormes-les-Mimosas, le 11 août 2021.
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Le président français a notamment annoncé vouloir mettre en place une politique européenne coordonnée afin de prévenir les risques de «flux migratoires irréguliers importants» venus d'Afghanistan qui «nourrissent les trafics de toute nature».

Emmanuel Macron a déclaré le 16 août dans une allocution télévisée consacrée à la situation en Afghanistan, désormais contrôlé par les Taliban, vouloir porter une initiative européenne visant à «anticiper» et «protéger contre des flux migratoires irréguliers importants» qui «nourrissent les trafics de toute nature». Des termes qui ont provoqué l'indignation d'une partie de l'opposition française, mais également de personnalités étrangères.

«Nous porterons donc, en lien avec la République fédérale d’Allemagne et d'autres Européens, une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie», a développé le président français, appelant à «la solidarité dans l'effort, l'harmonisation des critères de protection et la mise en place de coopérations avec les pays de transit».

Lors de son allocution télévisée, le chef de l'Etat a ajouté que «la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés [...] mais l'Afghanistan aura aussi besoin dans les temps qui viennent de ses forces vives et l'Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle. Nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature».

Comparaisons avec Marine Le Pen

Le lanceur d'alerte Edward Snowden, très actif sur Twitter, a réagi en dénonçant selon lui la volonté du président français de «couvrir son flanc pour quelque élection, sans sauver des vies», qualifiant Macron d'«Emmanuel Le Pen»

Les parallèles avec Marine Le Pen ont également abondé en France, où un journaliste de Mediapart a estimé que la principale opposante au chef de l'Etat français «n'aurait pas dit mieux».

Ce président indigne oublie le plus élémentaire devoir d'humanité

Toujours à gauche, le représentant de Génération.s Thomas Portes a vu dans les propos du président «les mêmes mots», «la même réthorique» et «la même indignité» que Marine Le Pen.

Le député LFI Eric Coquerel a qualifié le discours d'Emmanuel Macron de «sordide» et son collègue insoumis Bastien Lachaud, pris de «nausée» selon ses dires, a estimé que «ce président indigne oublie le plus élémentaire devoir d'humanité et humilie la France devant le monde».

Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a jugé que la France devait «prendre sa part»dans les flux migratoires venus d'Afghanistan. Le député européen EELV Yannick Jadot, candidat à la primaire écologiste pour la présidentielle de 2022, s'est dit «sidéré d'écouter Emmanuel Macron déclarant que les femmes, les hommes et les enfants qui fuient l'enfer des Talibans sont d'abord une menace, des "migrants irréguliers", avant d'être des victimes et potentiellement des réfugiés». «Macron fait honte à la France», a affirmé le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle, autre candidat pour la primaire.

La sénatrice PS Laurence Rossignol a de son côté employé les termes de «cynisme» et de «honte» pour réagir aux propos du président. Il faut «protéger toutes celles et tous ceux qui relèvent désormais du droit d'asile», a affirmé le patron du PS Olivier Faure.

«"Flux migratoire irréguliers", c'est donc ce terme que les femmes et les hommes qui s'accrochent aux ailes des avions à Kaboul auront inspiré à Emmanuel Macron», a regretté le député ex-LREM Aurélien Taché, que le gouvernement avait chargé en 2017 d'un rapport sur l'intégration avant qu'il ne prenne ses distances avec la majorité.

Peu avant minuit le 16 août au soir, alors que les réactions à son allocution se multipliaient, le chef de l'Etat a précisé sur Twitter, à propos de ses déclarations «que certains veulent détourner», que «la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés».

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