Deux ans de prison ferme pour l'auteur d'injures racistes comparant les noirs à du bétail et du maïs

Deux ans de prison ferme pour l'auteur d'injures racistes comparant les noirs à du bétail et du maïs© © Capture d'écran/Twitter/@pablopicasshoe
L'homme ayant proféré des insultes racistes à Cergy le 30 mai 2021.
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L'affaire avait enflammé les réseaux sociaux : Mourad D., auteur d'une double agression raciste contre des personnes noires devant une pizzeria du Val-d'Oise fin mai, a été condamné à deux ans de prison ferme. Il se plaint d'un «procès sur Insta'».

Le tribunal de Pontoise (Val-d'Oise) a jugé le 8 juillet Mourad D., l'homme qui avait proféré le 30 mai de violentes insultes racistes envers une femme noire de peau qui filmait une agression sur un livreur également noir. Cette scène avait déclenché de fortes réactions sur les réseaux sociaux.

D'un «tempérament bouillant», selon l'AFP, le prévenu, un cariste intérimaire de 23 ans, a été déclaré coupable de violences à caractère racial, injures publiques et apologie de crime contre l'humanité et a écopé au total de deux ans de prison ferme.

J’ai proféré des propos racistes, mais je vous assure que je ne le suis pas

Le tribunal correctionnel de Pontoise qui l’a maintenu en détention, l'a condamné à 12 mois de prison ferme pour agression à caractère raciste sur le livreur, six mois ferme pour injures publiques et apologie de l’esclavage à l’encontre de la résidente qui le filmait et enfin, le tribunal correctionnel a révoqué le sursis d’une peine précédente pour violence de six mois, selon Le Parisien

«Les vidéos sont très parlantes. Quant aux violences, elles ne sont pas discutables», a précisé le président Pierre Auda en prononçant le jugement, rapporte le quotidien. Mais loin de se démonter, l'homme s'est au contraire plaint d'un procès sur les réseaux sociaux. «On a fait mon procès sur Insta' [diminutif du réseau social Instagram], sur les réseaux, en détention, dehors...», s'agace dès l'ouverture des débats le prévenu, prompt à l'énervement.

L'homme soutient qu'en raison de la nuit, il ne pouvait pas voir que la voisine était noire

«Là, aujourd'hui, c'est le vrai», lui a répliqué le président du tribunal correctionnel, Pierre Auda, volontiers caustique, «donc on se calme». Le 31 mai, vers 23h, un livreur de la plateforme UberEats vient récupérer une commande au restaurant «Le Brasco» de Cergy. Devant l'établissement, Mourad D. attend une pizza commandée et s'agace du volume sonore de l'enceinte transportée par le livreur sur son vélo, puis le passe à tabac. Le tumulte provoqué par cette altercation alerte une voisine habitant au-dessus du Brasco.

La femme interpelle Mourad D., qui déverse sur elle des tombereaux d'insultes racistes pendant qu'elle le filme avec son téléphone portable : «Espèce de négresse, espèce de sale noire, personne te touche même avec un bâton. Espèce de s*****. Wallah même avec un doigt de pied je te touche pas [...] Pendant 800 ans on vous a vendu comme du bétail. Bande de p**** de m**** n***** vos mères. Je suis Algérien, nous les Algériens on vous a vendu comme du bétail, comme du maïs bande de bâtards.» Mourad D. soutient qu'en raison de la nuit, il ne pouvait pas voir que la voisine était noire. C'est «à son accent […] que j'ai tout de suite reconnu que c'est une personne qui vient des îles», dit-il de la seconde victime, en fait de nationalités ivoirienne et sud-africaine.

Je suis Algérien, nous les Algériens on vous a vendu comme du bétail, comme du maïs bande de bâtards

Selon Le Parisien, Mourad D. a tout de même présenté ses excuses aux deux victimes : «Je regrette sincèrement», a-t-il expliqué à la fin des débats, ajoutant : «Je présente également mes excuses à toutes les personnes que j’ai pu toucher. J’ai proféré des propos racistes, mais je vous assure que je ne le suis pas.» Postées en ligne, les vidéos de ces agressions avaient fait basculer l'affaire. En quelques heures, les réseaux sociaux s'étaient emballés. Le nom et l'adresse du suspect ont été jetés en pâture sur internet, une cagnotte en ligne ouverte pour mettre sa tête à prix.

C'est d'ailleurs la ligne de défense de l'intéressé. «On a appelé mon meilleur ami et on lui a proposé 2 000 euros pour qu'il dise où j'étais !», s'emporte Mourad D., que son avocat tempère régulièrement, mais défend tout de même. Mourad D. a-t-il fait l'apologie de l'esclavage ? Non, seulement énoncé une «vérité historique», soutient son conseil. En plus de sa peine de prison, Mourad D. s'est vu infliger une interdiction de séjour dans le Val-d'Oise. Alors le président du tribunal lui prodigue un ultime conseil : «Vous avez proposé trois fois pendant ce procès de vous en aller. C'est la meilleure chose que vous pouvez faire».

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