Emeutes à Moirans: la situation serait sous contrôle

Départementale D1035© Twitter France Bleu Isère
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La commune tranquille de Moirans, dans l'Isère, a vécu plusieurs heures d'émeutes mardi. Des gens du voyage en colère ont déclenché de multiples incendies et une prison de Savoie s'est mutinée, en lien avec les incidents.

Un calme précaire semble revenu sur la bourgade iséroise. C'est la préfecture qui l'a annoncé via un communiqué : «A 20 heures, la situation est sous contrôle: il n'y a pas de blessés, les incendies ont été éteints par les sapeurs pompiers, la circulation sur la RD 1085 est en cours de rétablissement et la SNCF prend en charge l'évacuation des 218 passagers qui se trouvent dans les deux rames de trains à proximité de la gare de Moirans.» 

La situation au centre de détention d'Aiton, en Savoie, semble toujours tendue. Aux dernières nouvelles, le personnel était toujours bloqué à l'intérieur.

Scènes impressionantes

Des voies de trains coupées, des voitures en feu, des sacages. La petite ville de Moirans, en Isère, a été le théâtre de véritables émeutes urbaines. Des dizaines de gens du voyage ont vigoureusement demandé la sortie de prison de l’un des leur afin qu’il assiste aux obsèques de son frère. Ce que la justice refuse pour le moment.

L’établissement où il est incarcéré, à Aiton, en Savoie, s'est également révolté. Les détenus ont provoqué une mutinerie, réclamant son relâchement le temps des obsèques.

Selon Pascal Gaudot, du syndicat UFAP, les incidents ont débuté vers 17H00. Une vingtaine de détenus (sur les 189 à 190 de l'établissement) ont mis le feu à leur coursive et détruit les serrures de leurs cellules.

Une équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris), venue de Lyon et spécialisée dans le rétablissement de l'ordre dans les prisons, a été dépêchée sur place.

Pascal Gaudot a précisé que l'intégral du personnel de la centre est bloqué pour l'heure dans l'établissement.

Trains détournés et «lourds saccages»

Du côté de la ville de Moirans, le directeur du cabinet du maire, Franck Longo, a décrit une situation tendue : «Une centaine de personnes avec des barres en fer ont bloqué la gare. Autour, il y a eu de lourds saccages, notamment le restaurant attenant. Sur les voies SNCF, ils ont fait brûler des voitures.»

La préfecture a précisé que la RD1085 a été bloquée «par une trentaine de personnes qui ont brûlé des palettes et des carcasses de voitures sur la chaussée». Vers 20h00, la circulation était en cours de rétablissement.

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Posté par En Mode Voiron sur mardi 20 octobre 2015

La trafic SNCF a également dû être interrompu durant un moment. Un véhicule en feu se trouvant sur les voies. La ville de Moirans se trouve être un carrefour ferroviaire où converge trois voies. Des trains ont été détournés en direction du nord via Chambéry. La SNCF travaille actuellement à la mise en place de bus de substitution. Selon la préfecture, 218 passagers resteraient à évacuer des deux rames à proximité de la gare. 

Face à la révolte, le préfet de l'Isère a déclaré avoir reçu des directives pour «diriger les opérations avec fermeté, afin de maîtriser les débordements, de faire procéder aux interpellations nécessaires et de rétablir la paix publique à Moirans.»

Environ 120 gendarmes et policiers et une centaine de sapeurs-pompiers étaient mobilisés dans la soirée. 

Un accident mortel à la base de la révolte

Dans la nuit de vendredi à samedi, trois personnes gantées et cagoulées avaient trouvé la mort dans un accident. Ils avaient percuté un arbre à bord d’une voiture volée à proximité de Saint-Joseph-de-Rivière.

C’est le quatrième individu présent au moment du crash et seul survivant qui est à l’origine du soulèvement. Incarcéré depuis samedi, il est le frère de l’un des tués. Les gens du voyage en colère souhaitent donc qu’il puisse assiter aux obsèques.

Sur Twitter, le Premier ministre, Manuel Valls a dénoncé la situation : «Face aux violences inadmissibles commises à Moirans, une seule réponse: la fermeté et le rétablissement de l'ordre républicain.»


Le juge d'application des peines rendra sa décision demain concernant l'autorisation de sortie du détenu. Les obsèques auxquelles il souhaite assister ont été reportées à jeudi.

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