Vaccins anti-Covid : une campagne en ligne de dénigrement contre Pfizer fait flop

Vaccins anti-Covid : une campagne en ligne de dénigrement contre Pfizer fait flop© ETHAN MILLER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES Source: AFP
Des vaccins Pfizer sont proposés contre des lapdance gratuits au Larry Flynt's Hustler Club à Las Vegas, Nevada, Etats-Unis le 21 mai (image d'illustration).
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Une mystérieuse agence a proposé à des internautes influenceurs de dénigrer dans des publications en ligne le vaccin Pfizer contre rémunération. Il était demandé aux influenceurs de comparer les taux de mortalité des vaccins.

Dans un article publié le 24 mai, l'équipe de vérification du journal Libération CheckNews.fr fait savoir que plusieurs internautes influenceurs français (principalement des YouTubeurs scientifiques) ont récemment reçu la proposition de dénigrer le vaccin anti-Covid du laboratoire Pfizer-BioNtech contre une rémunération substantielle.

La proposition de partenariat envoyée par mail aux influenceurs, qualifiant ce vaccin de «dangereux pour la santé», émanait d'une agence de communication nommée Fazze, qui se disait basée à Londres (Royaume-Uni). Mais, à l'adresse indiquée, CheckNews n'a trouvé qu'un laboratoire d'épilation au laser, tandis que le site spécialisé Next Inpact relève «qu'elle ressemble à une boîte postale et est (ou a été) partagée par 177 entreprises, dont Fazze ne fait pas partie».

La mystérieuse entreprise disait agir pour le compte d'un «client» préférant rester «incognito».

Toujours selon cette même source, dans le «brief» envoyé par e-mail et détaillant ses objectifs, l'agence demandait aux influenceurs de donner l'impression que le contenu n'était pas sponsorisé, mais qu'il s'agissait de leur propre «avis personnel» : «Dites que vous êtes intéressés par la vaccination. Expliquez qu’un rapport d’AstraZeneca a fuité et qu’il montre les taux de mortalité parmi la population vaccinée», préconisait ainsi le document auquel Libération dit avoir eu accès.

Puis : «Le taux de mortalité du vaccin Pfizer est 3 fois plus grand par rapport à AstraZeneca selon les informations officielles. Les experts de AstraZeneca ont envoyé ce rapport aux régulateurs et aux principaux médias mais il n’a jamais été publié. Pourquoi ? Pourquoi l’Union européenne achète le vaccin Pfizer en grandes quantités malgré les informations fournies ? Il s’agit d’une monopoly [un monopole] et entraîne des dommages à la santé publique.»

Un des internautes contactés, Léo Grasset, animateur de la chaîne Youtube de vulgarisation scientifique DirtyBiology, a alerté sur Twitter sur cette tentative de dénigrer le vaccin de Pfizer. Parmi les autres influenceurs approchés, on retrouve Sami Ouladitto (humoriste, avec près de 400 000 abonnés sur YouTube), Et ça se dit Médecin (interne en médecine, 84 000 abonnés Instagram). Tous les trois ont décrit le même scénario sur leur compte Twitter.

CheckNews souligne par ailleurs que selon l'enquête de Numerama, le site de l'agence «ne présente aucun client, ni aucune opération à succès» (un classique des agences de communication), mais qu'il «offre en revanche la possibilité de se connecter avec Facebook, Twitter et [le réseau social russe] Vkontakte».

Véran dénonce une campagne «minable»

Interrogé par BFMTV ce 25 mai, le ministre de la Santé Olivier Véran a réagi à cette tentative : «C'est minable, c'est dangereux, c'est irresponsable et ça ne marche pas.»

Si plusieurs médias se sont empressés, à l'image de Libération, de pointer vers «la piste de la Russie» à recours de spéculations portant par exemple sur le parcours professionnel d'une employée présumée de Fazze, Numerama souligne qu'il est impossible pour l'heure de «tirer de conclusions définitives» sur l'auteur de cette campagne, au regard du peu d'éléments concrets à disposition.

«Je n'en sais rien, je ne me permettrais pas de faire des hypothèses», a lui même réagi Olivier Véran, questionné sur cette «piste». Il a ajouté ne pas savoir si cette campagne provenait «de France ou de l'étranger».

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