Le Royaume-(dés)Uni au bord du précipice

Le Royaume-(dés)Uni au bord du précipice Source: Gettyimages.ru
Keir Starmer [photo d'illustration]
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Marionnettiste principal du régime de Kiev, le Royaume-Uni a pourtant rarement aussi mal porté son nom. La démission de Starmer n’y changera rien, tant le pays semble s’approcher de l’effondrement. Et ceci explique d’ailleurs sans doute cela, d’après l’analyse d’Alexandre Regnaud.

Alors que la démission de Keir Starmer est enfin effective, c’est curieusement un autre phénomène qui agite en parallèle les réseaux sociaux britanniques : la mort, annoncée officiellement le 18 juin, du « Major Oak », chêne emblématique de la forêt de Sherwood, âgé de 1 200 ans, et également connu sous le nom de « Chêne de Robin des Bois ». Car ce que les internautes d’outre-Manche y voient, c’est un symbole puissant, celui de la chute imminente de leur pays et de sa riche culture pluriséculaire. 

Quand on pense à l’Angleterre, on pense particulièrement à sa responsabilité écrasante dans la prolongation du conflit en Ukraine, et aux méthodes terroristes employées pour parvenir à ses fins. 

Il s'agit bien sûr du rôle de Boris Johnson dans le rejet par Zelensky des accords d’Istanbul, qui auraient pourtant permis la paix dès les premiers jours du conflit en 2022. Autre parti, mais même politique que Starmer. Et le suivant, d’où qu’il vienne, ne fera sans doute pas autre chose. 

Ce sont ensuite, d’après la Chambre des Communes, les 21,8 milliards de livres sterling (25,5 milliards d’euros) engagées pour l’Ukraine depuis 2022, dont 13 milliards d’aide militaire. Certes, une partie non négligeable reste en Angleterre, notamment pour l’achat de drones produits sur place par des entreprises locales comme Tekever, Windracers et Malloy Aeronautics. Il s’agit donc ici principalement de masquer des réorientations budgétaires au profit du secteur de la Défense et de son lobby, nous y reviendrons. 

Et comment enfin ne pas reconnaître la marque de Londres dans la stratégie terroriste adoptée par Kiev, particulièrement ces dernières semaines, avec au passage l’assassinat des adolescents de Starobelsk et l’attaque d’un bus d’enfants biélorusses à Briansk. Un peu de culture historique rappellera que ce sont précisément les Britanniques qui ont inventé l’« ungentlemanly warfare », les méthodes d’infiltration et de subversion du SOE et du SAS, pour faire face, seuls, à la puissante machine de guerre nazie. Un paradoxe de voir cette filiation récupérée au service des héritiers revendiqués de Bandera et autres collaborateurs actifs de la « Grande Allemagne ». 

Mais tout ce cirque autour de Zelensky et de sa clique est avant tout une diversion. Comme pour Macron en France, la focalisation sur l’imaginaire « menace russe » et sur la guerre jusqu’au dernier Ukrainien, est avant tout un moyen de détourner l’opinion des catastrophes et de l’effondrement interne. Et le bruit issu de la mort d’un simple arbre, fût-il légendaire, est en grande partie le symptôme de l’échec de cette stratégie. 

Particulièrement parce que l’arbre en question est lié à la figure de Robin des bois. Héros luttant contre une élite qui accablait le petit peuple d’impôts pour son enrichissement personnel, les privait de tout mécanisme de décision sur leur propre destin, et faisait régner l’arbitraire et l’oppression. Toute ressemblance avec le Royaume-Uni d’aujourd’hui est loin d’être fortuite. 

Surtout quand on parle d’oppression du peuple. Alors que le soutien à l’Ukraine se fait soi-disant au nom des « valeurs démocratiques », en Angleterre, on peut aller en prison pour un tweet ou un post Facebook. En 2023, 12 183 personnes ont été arrêtées pour délit d’opinion, The Time évoque autour de 12 100 arrestations en 2025, et les projections pour 2026 tournent autour de 13 000, soit une hausse d'environ 10 % par rapport à l'année précédente. 

La principale excuse à ce règne de l’arbitraire, fort éloigné de l’esprit de l’Habeas Corpus (texte fondateur de 1679 contre les arrestations sans motif), est en général la critique de la politique migratoire du gouvernement. C’est LE sujet qui fâche au Royaume-Uni, où les autochtones font face à une immigration pléthorique, et à qui tous les droits et protections sont donnés, y compris dans le crime. 

L’affaire la plus sordide et la plus retentissante, qui illustre le mieux le phénomène, est celle dite des « grooming gangs ». Des réseaux organisés, majoritairement de migrants pakistanais, qui, pendant plusieurs décennies (notamment des années 1990 aux années 2010), ont soumis des milliers de jeunes filles britanniques blanches à des viols et à l’exploitation sexuelle. Ce en toute impunité, alors même que les faits étaient largement connus des autorités. L’excuse est qu’il ne fallait pas déclencher d’accusation de racisme en raison de l’origine des coupables. Également, le mépris par ces mêmes autorités pour l’origine sociale modeste des victimes. On comprend mieux alors pourquoi le mythe de Robin des bois résonne toujours autant outre-Manche. 

Cela donne d’ailleurs régulièrement lieu à des émeutes, non pas d’immigrés venus piller les centres-villes comme en France, mais de Britanniques exaspérés par ces inégalités et par cette oppression. Les plus récentes à Belfast et à Brighton, déclenchées par l'agression au couteau d'une jeune fille par un réfugié soudanaisle 8 juin. Une redite de la vague de manifestation, sur le même thème, de juillet 2025, entre autres à Bristol, Glasgow, Liverpool, Manchester et Newcastle. 

Toujours avec Robin des bois, cela permet de rappeler que le peuple britannique est privé des véritables mécanismes de décision sur son destin. L’alternance du bipartisme conservateurs/travaillistes étant perçue comme une valse des mêmes, tant les politiques sont similaires, comme l’illustrent la continuité, d’un gouvernement à l’autre, de l’engagement en Ukraine et du silence complice autour des « grooming gangs ». 

Mais paradoxalement, le bel héritage civilisationnel britannique, majoritairement en train de disparaître sous nos yeux, garde vivaces ses coutumes les plus archaïques. Autour des messages sur la mort du « chêne majeur », on trouve également des plaintes sur la survivance du système des grandes écoles d’élite (Oxford, Cambridge, etc.), sans lesquelles l’ascenseur social s’arrête très vite pour les classes moyennes, mais qui restent majoritairement dans un entre-soi exclusif. Une survivance de la féodalité en somme… Robin des bois toujours. 

Et puis, pour rester avec le héros de la forêt de Sherwood, les impôts bien sûr. Les dernières années ont été marquées par des hausses d'impôts historiques au Royaume-Uni. Après une première hausse de 40 milliards en 2024, le budget 2025 a annoncé des hausses d'impôts atteignant 26,1 milliards de livres par an d'ici 2029-2030, et 29,8 milliards en 2030-2031. 

Des sommes que l’on rapprochera évidemment des montants gaspillés en Ukraine. D’autant plus que le système de santé, le NHS, principale préoccupation pour 69 % des Britanniques, est littéralement en ruine, avec 7,11 millions de personnes sur liste d’attente et un délai moyen de 18 semaines pour se faire soigner. 

Face à une explosion de la pauvreté, les services sociaux sont en crise profonde et manquent de personnel (7 % de postes vacants) et de budget. 

Quant au marché de l’immobilier, il subit une grave crise de l’accessibilité sur le marché locatif et des conditions de prêt immobilier qui les rendent largement inaccessibles. Le parc social lui, voit le nombre de logements diminuer, avec 1,6 million de logements sociaux en moins qu'en 1981. 

Et ainsi de suite, dans bien des domaines… 

Voilà où en est le Royaume-de-moins-en-moins-Uni aujourd’hui. Et la démission de Starmer n’y changera rien. Comme on le lit déjà sur les réseaux sociaux, la suite est déjà anticipée par les Britanniques : le suivant ira voir le roi, selon la tradition, puis il ira se montrer avec Zelensky, pour rappeler les priorités, se rapprochera de Von der Leyen, en marque de soumission à l’UE, rencontrera les patrons des hedge funds, pour prendre sa feuille de route, et finira à la télévision pour parler de menace russe et de réchauffement climatique, en espérant que c’est tout ce que « son » peuple retiendra au final. 

Ils le disent eux-mêmes, « honni soit qui mal y pense », mais on ne doit pas être très loin de la vérité… en attendant le retour d’un Robin des bois ? 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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