Menace terroriste : le député Guillaume Peltier propose d'interner les 22 000 fichés du FSPRT

Menace terroriste : le député Guillaume Peltier propose d'interner les 22 000 fichés du FSPRT© Ludovic MARIN Source: AFP
Guillaume Peltier le 22 juillet à Chambord lors d'une visite du président de la République (image d'illustration).

Le député Les Républicains, Guillaume Peltier, propose de placer les individus fichés au FSPRT (environ 22 000 personnes) dans des centres de rétention administrative. Sa proposition de loi prévoit de financer cette mesure par une taxe.

Avec sa «proposition de loi visant à interner les Français fichés au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste [FSPRT] en centre de rétention administrative», le député Les Républicains du Loir-et-Cher, Guillaume Peltier, accule le gouvernement à pousser plus loin sa logique de lutte contre le terrorisme.

Une proposition en forme de provocation pour le gouvernement ? Son texte enregistré le 17 novembre à la représentation nationale explique en préambule : «Alors que le terrorisme islamiste a fait, en seulement cinq ans, près de 250 victimes en France, les pouvoirs publics tardent à mesurer l’ampleur de ce phénomène. Une guerre nous est livrée, au nom d’une idéologie ; mais les responsables politiques n’ont toujours pas pris les mesures fortes qui s’imposent pour combattre nos ennemis. Notre cadre juridique, conçu pour être efficace en période de paix, doit être adapté au plus vite ; sinon, la barbarie s’abattra de nouveau sur nos compatriotes.»

22 000 personnes internées en CRA : quel financement ?

Puis, il propose : «Selon les chiffres du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, près de 80% des personnes suivies au FSPRT sont de nationalité française, sur un total d’environ 22 000 personnes. Or il est matériellement impossible de surveiller quotidiennement autant d’individus, malgré leur extrême dangerosité, en raison des effectifs limités de nos services de renseignement. En conséquence, la présente proposition de loi vise à interner les Français fichés au FSPRT en centre de rétention administrative [CRA].»

Dans l'article 3 de la sa PPL, le député propose simplement de faire payer cet internement en ajoutant une taxe sur le tabac : «La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.» 

Interner les fichés du FSPRT : pas un coup d'essai pour Peltier

En mars 2018 déjà, après les attaques terroristes commises par le djihadiste Radouane Lakdim dans l'Aude, Guillaume Peltier déclarait au micro d'Europe 1 : «Par principe, nous devons interner les fichés les plus dangereux [...] 19 745 personnes appartiennent au fichier FSPRT, 4 000 sont considérés comme les plus dangereux.»

Le député suggérait également à l'époque l'expulsion des étrangers fichés... Mais sur ce terrain, son ancien camarade de l'UMP devenu ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déjà déclaré qu'il souhaitait l'expulsion de 231 étrangers radicaux. Au 3 décembre, seuls 66 d'entre eux avaient toutefois effectivement pu être éloignés du territoire national.

LR et LREM : qui accule qui ?

A l'instar des amendements déposés par Eric Ciotti pour durcir le texte de la PPL Sécurité globale de la majorité (soutenue par le gouvernement), cette proposition venue des rangs LR illustre une nouvelle fois la logique dans laquelle semblent enferrés les représentants de la droite traditionnelle. Tandis que l'exécutif durcit sa ligne sécuritaire et que des éléments prometteurs issus de cette famille de la droite, comme Gérald Darmanin, ont rejoint le gouvernement, LR apparaît voué à se réinventer en musclant ses propositions en matière de sécurité intérieure.

Dès lors, LR sert-il d'aiguillon au gouvernement ? Ou au contraire, sous le coup de l'actualité, la stratégie du gouvernement accule-t-elle la droite traditionnelle à pousser ses propositions sécuritaires jusque dans un territoire législatif difficilement crédible ?

On pourrait par ailleurs questionner, à ce stade, les décisions prises par l'ancêtre de Les Républicains quand ses représentants politiques étaient aux responsabilités. Et notamment : quels effets la dissolution de la police de proximité décidée par Nicolas Sarkozy en 2003 ou la refonte des services de renseignement intérieur (la DCRI a été créée en 2008) ont-ils eu sur le terrorisme islamiste ?

Antoine Boitel

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