Une manifestation contre la «culture du viol» dégénère dans un lycée

- Avec AFP

Une manifestation contre la «culture du viol» dégénère dans un lycée© Charles Platiau Source: Reuters
Cliché pris devant le lycée Victor Duruy, le 3 février 2016, à Paris (image d'illustration).

La publication sur les réseaux sociaux d'un courriel tendancieux a entrainé une manifestation de lycéens de l'Isère lors de laquelle deux incendies ont été déclenchés. Une situation qui a amené les enseignants à faire jouer leur droit de retrait.

Les enseignants d'un lycée de l'Isère se sont mis en grève, ce mardi 29 septembre, suite à un incendie qui a eu lieu lors d'une manifestations d'étudiants contre un courriel insultant l'une des organisatrices. 

Tout commence le lundi 21 septembre comme le rapporte France Bleu Isère : le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer demander aux jeunes – et aux jeunes filles en particulier – de s’habiller «de façon républicaine» dans l’enceinte scolaire. Bien que floue, cette directive a été relayée par courriel par le chef d’établissement du lycée des Portes de l'Oisans à Vizille, en Isère.

En réaction, une trentaine de lycéens ont organisé une manifestation contre ces consignes vestimentaires, l’une d’elle ayant envoyé un courriel au chef d’établissement pour faire part de son mécontentement.

Un courriel qui a mis le feu aux poudres

C’est alors que l’affaire s’envenime : un ancien proviseur de lycée («qui n'est plus en activité au sein de l'Education nationale» selon le rectorat), commente ce courriel en privé – pense-t-il – en ces termes : «Elle ne manque pas d'air la merdeuse. Je n'ose te dire ce que je lui souhaite. Signé : Michel Fourniret». Or, à la suite d’une mauvaise manœuvre – un «répondre à tous» malheureux – sa réponse a été également envoyée à la jeune fille en question. Agée de 17 ans, la jeune femme a largement partagé le mail sur les réseaux sociaux, en dénonçant une «culture du viol». Elle n’a toutefois pas déposé plainte, mais le rectorat a fait savoir que «si elle change d'avis, [il] l’accompagner[a] dans sa démarche».

La divulgation de ce courriel a motivé un rassemblement beaucoup plus important que celui initialement prévu. Celui-ci a finalement regroupé lundi 28 septembre au matin environ «250 jeunes, dont 90% scolarisés au lycée» selon la gendarmerie. Une voiture située sur un parking jouxtant l'une des entrées de l'établissement a été incendiée et un second départ de feu, constaté plus tard dans un des sanitaires du lycée, a provoqué le déclenchement de l'alarme incendie et l'évacuation de tous les bâtiments.

Or, l’alarme s'étant déclenchée en retard dans une aile du lycée, certains enseignant ont continué à y faire cours malgré le début d’incendie.

Ceux-ci ont donc exercé leur droit de retrait et l'ensemble du corps enseignant du lycée s'est mis en grève mardi 29 septembre. «Les professeurs ont accueilli les élèves mardi matin, mais ils n'ont pas pris leurs cours. Nous appelons à l'apaisement et au dialogue», indique à l'AFP le rectorat de l'académie de Grenoble, qui organisait mardi plusieurs réunions sur place pour dénouer la situation.

Alors que l'un des deux auteurs identifiés des incendies – un jeune homme de 17 ans scolarisé au lycée – a d’ores et déjà été interpellé et auditionné, deux enquêtes distinctes ont été ouvertes pour faire la lumière sur les deux incendies volontaires et sur le courriel à la suite duquel la manifestation a eu lieu.

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