Grenoble : un simple clip de rap à l'origine d'une vaste opération anti-stups ?

Grenoble : un simple clip de rap à l'origine d'une vaste opération anti-stups ?© PHILIPPE DESMAZES Source: AFP
Les gendarmes sur le terrain, le 26 août, lors de l'intervention dans le quartier Mistral à Grenoble (Isère) (image d'illustration).

Le nouveau ministre de l'Intérieur est-il allé trop vite en besogne ? L'affaire des vidéos diffusées sur internet et présentant des trafiquants armés à Grenoble prend un nouveau virage après qu'un rappeur a assuré que les armes étaient factices.

Tout ça pour ça ? L'opération de police lancée à Grenoble (Isère) contre le trafic de stupéfiants aurait été initiée à cause d'un simple clip de rap.

Une vidéo présentant une vente de stupéfiants à Grenoble diffusée sur les réseaux sociaux, le 24 août, a déclenché une vague d'indignations politiques et une prompte réaction du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin... trop prompte ?

Deux jours après l'emballement médiatique, une opération de police a eu lieu dans le quartier qui apparaît sur les images : la zone sensible de la cité Mistral. Préfet, policiers et gendarmes montraient ainsi une belle effervescence devant les caméras convoquées pour l'exercice, le 26 août. Une véritable opération médiatique coup de poing, qui n'a cependant rien rapporté en termes de prises de guerre significatives malgré l'intensité des forces déployées : plusieurs dizaines de contrôles, aucune interpellation, deux scooters saisis.

En revanche, lors de la conférence de presse du préfet de l'Isère ce jour-là, des jeunes riverains assurent que, concernant la vidéo diffusée le 24 août, il s'agissait en réalité d'une mise en scène pour un clip de rap avec des armes factices, ainsi que l'avait relevé France Bleu, une information reprise par RT France dans notre article du 27 août.

Dont acte : le 31 août, le rappeur grenoblois, Corbak Hood lance son clip sur YouTube dans lequel on peut effectivement voir des scènes qui rappellent singulièrement les images diffusées la semaine précédente. Ainsi que le souligne CheckNews, le rappeur ne manque pas de remercier les chaînes d'information en continu et Le Dauphiné libéré à la fin du clip «pour la promo».

Dans le clip en question, on voit également des bonbons sur la table de deal et dans la dernière séquence avant le générique de fin, un homme vide le chargeur d'une arme factice, déversant des billes... A l'écran s'affiche le message : «Les armes sont factices, les produits n'étaient que du CBD [pour cannabidiol, cannabis dit légal], seules les friandises sont vraies.» D'après une information de France Bleu, le rappeur aurait interpellé été placé en garde à vue le 2 septembre au matin.

«Mistral 38» : les trafiquants locaux en cause, malgré tout ?

Sur Twitter et Telegram, le militant identitaire Damien Rieu a pour sa part dénoncé une «fake news reprise par toute la presse sans vérification». Selon lui, le clip ne montre pas les mêmes images que celles qui ont déclenché l'opération de police dans le quartier Mistral de Grenoble.

Il souligne : «Mêmes mecs, mais pas de scène avec le client [contrairement à la vidéo en ligne], pas de casques, pas de gilets.»

Quoi qu'il en soit, la polémique suscitée par les images diffusées sur Twitter le 24 août ont poussé Gérald Darmanin – en pleine opération médiatique de reconquête républicaine – à diligenter une enquête préliminaire pour «association de malfaiteurs». CheckNews relève notamment que les vêtements portant la mention «Mistral 38» dans le clip de rap, et les différentes vidéos qui ont émergé en ligne la semaine précédente, renvoient d'ailleurs à un réseau de trafic de drogue grenoblois bien connu.

Interrogé par France 2, ce 2 septembre, le ministre de l'Intérieur a de nouveau évoqué la lutte contre le trafic de drogue au lendemain du lancement de l'amende forfaitaire de 200 euros pour détention de cannabis ou de cocaïne. Gérald Darmanin avait semble-t-il à cœur de corriger les esprits taquins qui avaient émis des doutes après l'opération de Grenoble, aussi a-t-il déclaré : «Hier, nous avons lancé de nombreuses opérations coordonnées contre le trafic de stupéfiants. 33 personnes placées en garde à vue. Plus de 4 kgs de stupéfiants saisis. Chaque semaine, je demanderai aux préfets de refaire des opérations de police dans les quartiers.»

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