Violences chez Air France après l'annonce de 2 900 suppressions de postes

Le DRH de la compagnie Air France a été pris à partie par les manifestants suite à l'annonce de la suppression de 2900 postes. Source: Reuters
Le DRH de la compagnie Air France a été pris à partie par les manifestants suite à l'annonce de la suppression de 2900 postes.

La compagnie Air France a confirmé, ce matin, un plan de suppression de postes. Mais la matinée a surtout été marquée par une forte tension et des violences : plusieurs responsables de l'entreprise ont dû s'enfuir face à la colère des salariés.

Un directeur des ressources humaines (DRH) torse-nu, des violences physiques. Voici le bilan du comité central d'entreprise (CCE) qui s'est déroulé ce matin chez Air France. Ce dernier a en effet été interrompu par l'irruption de «plusieurs centaines» de manifestants, qui s'étaient réunis devant le siège de l'entreprise durant la matinée. A l'appel de trois syndicats (FO, CGT, Unsa), près de 500 personnes étaient présentes, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Selon la direction d'Air France, «des violences physiques» auraient eu lieu. «Une plainte sera déposée pour violences aggravées», a précisé la direction. Un membre de la CGT a confirmé la tension qui a entouré ce CCE. Xavier Broseta, DRH d'Air France ayant même été obligé de quitter la salle en «escaladant des barrières» après avoir «manqué de se faire lyncher». Des violences qu'Alain Vidalies, le ministre des Transports a jugé «inacceptables».

Ces violences sont survenues lors d'un CCE attendu. Et la sentence redoutée a été confirmée ce matin. La compagnie aérienne française va lancer un plan de restructuration qui menace 2 900 postes de travail.

La mise en place de ce plan, qui n'a pas été approuvé par les syndicats d'Air France, prévoit le départ de 300 pilotes, de 900 personnels navigants commerciaux (PNC, les hôtesses et stewards), ainsi que celui de 1 700 personnels au sol. Un plan de départs volontaires devrait être mis en place, comme ce fut le cas entre 2012 et 2014, lorsque la compagnie avait procédé à 5 500 suppressions de postes.

Mais si le plan de départs volontaires n'est pas suffisant, les licenciements restent «une possibilité sur des champs bien précis [...] où nous ne ferions pas les progrès que nous attendons en matière de productivité», a expliqué Frédéric Gagey, le PDG de la compagnie.

En savoir plus : En juin déjà, Air France au bord du crash

Quatorze avions devraient par ailleurs être vendus sur les 107 dont dispose actuellement la compagnie dans l'activité «longs courriers», qui est déficitaire.

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