CEDH : la France condamnée pour manque d'assistance à des demandeurs d'asile

- Avec AFP

CEDH : la France condamnée pour manque d'assistance à des demandeurs d'asile© FREDERICK FLORIN Source: AFP
Cette photo montre l'intérieur de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à Strasbourg, dans l'est de la France, le 7 février 2019.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné ce 2 juillet la France pour les «conditions d'existence inhumaines et dégradantes» de trois demandeurs d'asile, contraints de vivre «dans la rue» et «privés de moyens de subsistance».

«Les autorités françaises ont manqué [...] à leurs obligations» à l'encontre des trois majeurs isolés, afghan, russe et iranien, âgés de 27, 33 et 46 ans et «victimes d'un traitement dégradant témoignant d'un manque de respect pour leur dignité», a estimé la juridiction basée à Strasbourg ce 2 juillet dans un communiqué.

«Elles doivent être tenues pour responsables des conditions dans lesquelles les requérants se sont trouvés pendant des mois, vivant dans la rue, sans ressources, sans accès à des sanitaires, ne disposant d'aucun moyen de subvenir à leurs besoins essentiels et dans l'angoisse permanente d'être attaqués et volés», a encore pointé la Cour.

«Les requérants ont été victimes d'un traitement dégradant témoignant d'un manque de respect pour leur dignité», ajoute la juridiction chargée de veiller au respect des droits de l'Homme au sein des 47 pays du Conseil de l'Europe.

Elle observe encore que les trois hommes ont «vécu dans la rue sans ressources financières», ne percevant l'Allocation temporaire d’attente (ATA) qu'après des délais très longs. Par ailleurs, avant de pouvoir faire enregistrer leur demande d'asile, ils ont été soumis «à des délais pendant lesquels ils n'étaient pas en mesure de justifier de leur statut de demandeur d'asile».

Pour les juges strasbourgeois, «cette situation a suscité chez eux des sentiments de peur, d'angoisse ou d'infériorité, propres à conduire au désespoir».

La Cour prend toutefois bien soin de «souligner qu'elle est consciente de l'augmentation continue du nombre de demandeurs d'asile depuis 2007 et de la saturation» des structures d'accueil. Elle reconnaît également «les efforts consentis par les autorités françaises pour créer des places d'hébergement supplémentaires et pour raccourcir les délais d'examen des demandes d'asile».

Toutefois, elle estime que «ces circonstances n'excluent pas que la situation des demandeurs d'asile ait pu être telle qu'elle est susceptible de poser un problème» quant au respect par la France de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme (interdiction des traitements inhumains et dégradants).

La Cour a donc conclu «à l'unanimité» à la violation de cet article et a notamment alloué 10 000 euros à deux des requérants et 12 000 euros au troisième au titre du dommage moral. C'est la quatrième fois que la France est condamnée par la CEDH en moins d'un mois.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»