Accusée d'homophobie pour une affiche sado-maso visant Berger et le Medef, la CGT s'excuse

Accusée d'homophobie pour une affiche sado-maso visant Berger et le Medef, la CGT s'excuse© Martin Bureau Source: AFP
Le président de la Confédération française du travail (CFDT) Laurent Berger, à l'hôtel de Matignon à Paris, le 19 décembre 2019. (image d'illustration)
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La publication par la CGT info'com d'une affiche mettant en scène Laurent Berger et le patron du Medef dans une pratique sadomasochiste, a généré une polémique. Accusée d'homophobie, cette branche de la CGT a retiré l'affiche et présenté ses excuses.

Une affiche publiée le 9 mai au soir par le compte Twitter de la CGT Info'com a créé la polémique sur les réseaux sociaux. Dans un montage satirique, on y voit le patron de la CFDT Laurent Berger, affublé d'un collier et de bretelles en cuir, avec, à ses côtés et assis, Geoffroy Roux, le patron du syndicat des patrons, entièrement vêtu de cuir noir. Avec un graphisme d'affiche de film, le tout est accompagné du titre «Sado et Maso, une production Medefdt».

Les réactions n'ont pas tardé à fuser sur les réseaux sociaux, des dizaines d'internautes et associations dénonçant une affiche homophobe. La CGT info'com a, dans un premier temps, fermement récusé toute homophobie en publiant deux messages. «Nota Bene 1 : certains internautes interprètent cette affiche comme homophobe. Il n'en n'est rien», écrivait le syndicat qui assimilait le «sadomasochisme» à une «perversion sexuelle pratiquée par des hétérosexuels ou des homosexuels». Dans le second message, le syndicat poursuit : «Nota Bene 2 : [le sadomasochisme est une pratique] dans laquelle l'excitation est obtenue sous l'action de douleurs physiques et d'humiliations (masochisme) et en infligeant des souffrances au partenaire (sadisme).»

Mais finalement, devant la polémique qui continuait d'enfler, la CGT info'com s'est ravisée, a décidé de retirer l'affiche ainsi que ces tweets et s'est même fendu d'un communiqué d'excuses, titré non sans humour : «Info'com-CGT prend un coup de fouet et repart au combat». «Une partie de notre public s'est sentie blessée, et nous en sommes désolés. En aucun cas, notre idée était de nous en prendre aux homosexuels», peut-on lire dans ce texte. Info'com-CGT se décrit à cet égard comme habituée «des communications irrévérencieuses caricaturales et excessives».

Dans son tweet initial accompagnant le montage, la CGT info'com adressait une «spéciale dédicace» à Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, pour sa «pratique d’un syndicalisme qui préfère défendre les intérêts du Medef, que les salariés, et ceux qui agissent, pour les protéger du Covid-19».

Elle invite a posteriori d'ailleurs à «ne pas perdre de vue [son] message initial» : «Syndicalement, nous militons pour dénoncer les pratiques dangereuses de sortie du confinement, en cela, nous contestons la posture de certaines équipes CFDT qui veulent négliger la sécurité sanitaire. Parallèlement, nous militons aussi pour les droits et les intérêts des homosexuels, au sein de la CGT et en dehors.»

«Ignoble», juge la CFDT

La CFDT a réagi ce 10 mai au montage d'origine, dénonçant un «message à caractère homophobe». «Ces affiches sont ignobles. Elles sont une insulte pour l'ensemble des salariés et agents qui votent pour la CFDT, ainsi que pour ses adhérents», a estimé le syndicat dans un communiqué, condamnant «avec la plus grande fermeté» cette campagne. «Les différends syndicaux ne justifient aucun acte calomnieux envers les personnes, aucune attaque dégradante et aucun message à caractère homophobe», a ajouté la confédération. 

La «cgtcommunique», un autre compte Twitter de la Confédération générale du Travail, s'est ensuite carrément désolidarisée de ses collègues d'«info'com», en écrivant : «La CGT condamne sans aucune réserve ces affiches. Ce type de communication ne fait que décrédibiliser l'action syndicale. A la CGT, nous avons d'autres arguments que ceux là, ceux de l'intérêt des travailleurs et de la justice sociale.»

La CGT avait obtenu de la justice le 7 mai la fermeture du site d'une usine de Renault Sandouville (Seine-Maritime) qui avait rouvert le 28 avril grâce à un protocole sanitaire validé par la CFDT, CFE-CGC et FO, mais que la CGT jugeait insuffisant. Laurent Berger avait qualifié la position de la CGT d'«irresponsable». «La réalité, c'est que l'usine va rester fermée lundi et que 700 intérimaires vont être renvoyés chez eux. C'est pas un service rendu aux travailleurs», avait déploré Laurent Berger. C'est cette réaction qui aurait inspiré l'affiche polémique.

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