1er Mai : en plein confinement, syndicats et partis politiques appellent à manifester virtuellement

1er Mai : en plein confinement, syndicats et partis politiques appellent à manifester virtuellement© Alain Jocard Source: AFP
Manifestation du 1er Mai 2018 (image d'illustration).
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Envahir les réseaux sociaux, «casserolade», manifestation en ligne et émission-web : syndicats et partis d'opposition appellent à se mobiliser pour la journée internationale des travailleurs, en s'adaptant aux contraintes du confinement.

Le 1er mai, journée internationale des travailleurs, syndicats et partis d'opposition entendent bien se mobiliser et faire vivre la contestation sociale. Mais en raison des restrictions de déplacement et de l'impératif de distanciation sociale sur fond de pandémie de Covid-19, tout rassemblement est actuellement interdit. Dès lors, pancartes, slogans, chants et «casserolade» générale seront au rendez-vous de cette journée de solidarité que ce soit sur les réseaux sociaux, les balcons ou devant chez soi. Ce 1er mai, sans ses traditionnels cortèges et regroupements, s'annonce d'ores et déjà inédit.  

«On va occuper l'espace du 1er Mai autant que possible»

«Même confinés, manifestons toutes et tous le 1er mai avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux, et donnons à cette journée une véritable force collective», a lancé dans un communiqué un collectif de 25 organisations, regroupant la CGT, l'Unef, l'union syndicale Solidaires mais aussi Attac, Greenpeace et Les Amis de la Terre, qui ont opté pour une action groupée.

Pour le collectif, «cette journée internationale des travailleuses et travailleurs [a] un écho tout particulier dans le contexte de crise sanitaire», peut-on lire dans le même communiqué rédigé pour l'occasion et publié le 29 avril. Ces 25 syndicats et associations entendent notamment mettre en lumière les «oubliés», les «sans» et les «invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie», tels que les soignants, caissières, éboueurs... et réclament notamment «de vraies revalorisations salariales» pour ces travailleurs.

Pour ce faire, les personnes souhaitant se mobiliser sont invitées à télécharger une pancarte vierge sur laquelle elles écriront leurs messages ou revendications. Elles sont ensuite appelées à se prendre en photo et à publier leur cliché sur les réseaux sociaux, avec les hashtags #PourLeJourDapres et #PlusQueJamaisLe1erMai.

A en juger par les slogans pour le 1er Mai mis en ligne sur les sites des confédérations, les revendications s'annoncent nombreuses. Les «manifestants» pourront notamment choisir entre «pour un monde juste, durable et solidaire» (CGT), «la santé au travail doit être un droit fondamental» (FO), «colère confinée, explosion assurée !» (Solidaires), «le service public, utile comme jamais» (FSU) et bien d'autres.

«Chacun va s'organiser au mieux pour afficher les choses aux fenêtres, faire des vidéos, aller sur les réseaux sociaux, organiser des chansons collectivement, comme Bella Ciao, des concerts de casseroles. On va occuper l'espace du 1er Mai autant que possible, en fonction des possibilités locales», promet Eric Beynel, porte-parole de l'union syndicale Solidaires.

De leur côté, la CFDT, la CFTC, l'Unsa et l'organisation de jeunesse Fage, qui célèbrent traditionnellement le 1er Mai ensemble, vont aussi réaffirmer sur les réseaux sociaux leurs revendications générales «pour l'emploi, la justice sociale et pour un modèle de développement respectueux de l'environnement et des femmes et des hommes au travail». La CFDT joindra à tous ses posts sur les réseaux le hashtag #construisonsdemain.

La France insoumise et le Rassemblement national se mobilisent pour le 1er mai

Outre syndicats et associations, plusieurs partis politiques d'opposition appellent à manifester ce 1er mai, en proposant également des alternatives aux traditionnels défilés.

A gauche, la France insoumise (LFI) invite «à participer à deux actions pour dénoncer l'improvisation du gouvernement dans la gestion de la crise du coronavirus et défendre l'amélioration des droits des travailleurs et travailleuses». Pour cela, deux moyens d'actions ont été mis en avant sur le site officiel du parti de Jean-Luc Mélenchon. Une «casserolade (taper dans des casseroles)», qu'il faudra photographier ou filmer puis partager sur les réseaux sociaux avec le hashtag #PlusJamaisCa, sera organisée à 12h. Sinon, les sympathisants insoumis pourront participer à une «manif en ligne» au cours de laquelle de nombreux contenus seront partagés, tant par les internautes que les membres du parti politique.

C'est ce que résume la députée LFI du Val-de-Marne, Mathilde Panot, dans un tweet : «Pour ce 1er Mai confiné, organisons à midi une casserolade (taper dans des casseroles) pour dénoncer l'improvisation du gouvernement dans la gestion de la crise du coronavirus.»

«On invitera à manifester sur les balcons, aux fenêtres, il y aura de la vente de muguet virtuel», propose de son côté à l'AFP le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

Par ailleurs, une tribune, signée par plusieurs partis de gauche dont LFI, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) mais aussi Gauche démocratique et sociale (GDS) et publiée le 28 avril, fait valoir plusieurs de leurs revendications.

Du côté du Rassemblement national (RN), plusieurs solutions ont également été avancées pour se mobiliser lors de la journée internationale des travailleurs. Dans un communiqué publié le 24 avril, le RN annonce que «l'événement sera exceptionnellement numérique et "dématerialisé"».

«Une émission-web, portant sur la crise sanitaire que vit la France et les nécessaires perspectives politiques à tracer, sera diffusée sur les pages Facebook et YouTube de Marine Le Pen entre 11 heures et midi vendredi 1er mai», peut-on lire plus loin dans le même communiqué.

Plus concrètement, l’émission-web «sera composée de plusieurs modules (reportages, interventions et "tables rondes" à distance, réponses à des questions/vidéos d'internautes, analyse de la situation et des mesures proposées par le RN,…) et conclue par une intervention de Marine Le Pen».

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