«Intimidations» : la France épinglée en matière de sécurité des journalistes lors des manifestations

«Intimidations» : la France épinglée en matière de sécurité des journalistes lors des manifestations© Frédéric Aigouy / RT France
Un commissaire divisionnaire de police s'approche d'un journaliste RT France à Toulouse, le 25 mai 2019.

Dans un rapport de la Plateforme du Conseil de l’Europe, la France est longuement épinglée sur les difficultés éprouvées par les journalistes couvrant les manifestations, notamment celles des Gilets jaunes.

La France, très mauvaise élève en matière de protection du journalisme et de sécurité des journalistes, selon des organisations de défense de la liberté de la presse, partenaires de la Plateforme du Conseil de l'Europe. 

Celles-ci dénoncent dans un rapport annuel, publié ce 29 avril, une hausse des intimidations envers les journalistes en Europe et notamment en France, pointant en particulier la difficulté de couvrir le mouvement des Gilets jaunes en France : «Sept des treize alertes publiées en 2019 concernant la France relevaient des violences ou des mesures de police agressives contre des journalistes couvrant les manifestations», peut-on lire dans ce texte.

Une tendance accrue au recours à l'intimidation

La France fait ainsi partie des pays qui ont fait «l’objet du plus grand nombre d’alertes publiées sur la Plateforme en 2019», annonce d'emblée le rapport. «En 2019, la France a enregistré une augmentation notable des violences à l'égard de professionnels des médias qui couvraient des mouvements de protestation contre la politique du gouvernement», comme ceux des Gilets jaunes, pointe la plateforme. «De nombreux journalistes ont été victimes de menaces ou d'agressions de la part des forces de l'ordre», déplorent les auteurs du rapport, jugeant problématique «l'utilisation fréquente par la police de lanceurs de balles "de défense", de grenades de désencerclement ou de grenades lacrymogènes explosives et d'autres armes dites non létales». Ils rappellent à cet égard que de «nombreux journalistes ont été victimes de menaces ou d’agressions de la part des forces de l’ordre, certains ayant souffert des blessures telles que des fractures de la main, des côtes cassées et des blessures au visage». Le rapport cite nommément le cas de Mustafa Yalcin, photographe de l’agence de presse Anadolu, touché en plein visage, le 5 décembre 2019 à Paris, par une grenade de désencerclement, risquant de perdre l’usage d’un œil, malgré le port d’un casque de protection.

«Entraves à l’exercice de la profession de journaliste»

Le rapport souligne également des alertes sur des «entraves à l’exercice de la profession de journaliste, certains s’étant vu interdire l’accès à l’espace public par la force». Il s'agit ici de l'empêchement des journalistes de couvrir l'évacuation de manifestants du site du géant Amazon à Clichy-la-Garenne en juillet 2019. Le rapport relève aussi le cas de Gaspard Glanz, interdit, par décision judiciaire, de couvrir des manifestations de Gilets jaunes pendant six mois, un jugement infirmé en appel.

Le auteurs du rapport relayent ensuite le recensement du journaliste David Dufresne, qui a répertorié de manière «systématique les violences policières dont ont été victimes 90 journalistes en 2019, principalement lors de manifestations de rue». Ses chiffres établissent que «20 travailleurs des médias ont été blessés au haut du corps, 18 au bas du corps ou aux membres inférieurs, et 14 à la tête». La plateforme du Conseil de l'Europe a même reçu une alerte concernant le droit d'informer de David Dufresne lui-même après qu'il a été inscrit par des membres d’un syndicat policier sur une liste des «ennemis de la police».

L'étape de l'IGPN et de l'IGGN dans les procédures en question

Les organisations de défense de la liberté de la presse, auteures de ce rapport, soulignent par ailleurs qu'«en droit français, les plaintes déposées à l’encontre de membres des forces de l'ordre sont d'abord instruites par l'IGPN ou l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), ce qui a pour effet de retarder l'engagement éventuel de poursuites concernant bon nombre d'agressions physiques». Les organisations rapportent à ce sujet que des journalistes français se sont plaints que cette étape supplémentaire «favorise l’impunité dans la mesure où elle porte à croire que les autorités pourraient tolérer des comportements répréhensibles et des mauvais traitements». 

Ce rapport conclut donc à «une tendance accrue au recours à l'intimidation» et à une situation de la liberté des médias «très insatisfaisante» en 2019 en Europe. En plus de la France, il épingle notamment la Russie, l'Ukraine, l'Albanie, l'Azerbaïdjan, Malte, la Serbie, la Bulgarie ou encore la Turquie, sur des pratiques alarmantes entravant la liberté de la presse et le droit à l'information. 

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