Coronavirus : polémique autour des tarifs élevés de la morgue provisoire de Rungis

Coronavirus : polémique autour des tarifs élevés de la morgue provisoire de Rungis© GEOFFROY VAN DER HASSELT Source: AFP
L'entrepôt de Rungis (image d'illustration du 3 avril 2020).

Les tarifs pratiqués par la morgue de Rungis, gérée par un opérateur privé, choquent plusieurs élus qui se sont offusqués de cette situation. Face à la polémique, le ministre de l'Intérieur a expliqué avoir «demandé un contrôle».

Christophe Castaner a annoncé le 9 avril avoir demandé un «contrôle» sur la morgue provisoire installée dans un hall du marché de Rungis à propos des tarifs controversés pratiqués par l'opérateur privé qui la gère, en qualifiant la situation d'«anormale».

Un hall du marché de gros de Rungis dans le Val-de-Marne a été en effet réquisitionné début avril par le préfet de police pour recevoir les cercueils des victimes du Covid-19. Sa gestion a été déléguée à un opérateur funéraire, OGF. La mise en place de ce dispositif a été décidée par la préfecture du police et Didier Lallement, selon un communiqué relayé par Le Huffington post.

Une «honte sans nom»

Rappelant que c'est l'Etat qui a «réquisitionné Rungis pour installer une morgue», le député de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan est ainsi monté au créneau pour dénoncer cette situation qu'il a qualifiée de «honte sans nom», dans une série de messages sur Twitter : «On facture aux familles en deuil 150 euros pour que le cercueil soit admis à Rungis, 50 euros pour s'y recueillir une heure, et après une semaine 35 euros par jour ! Je demande la gratuité, le remboursement des familles, et des sanctions contre les monstres qui profitent de la crise.»

«Le nouveau monde d'aujourd'hui c'est donc ça : on meurt tout seul sans une main amie et la famille paie le frigo pour récupérer ses morts ? Ça suffit ! On peut confiner nos corps mais pas notre humanité», a pour sa part tweeté le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

La députée communiste (PCF) des Hauts-de-Seine, Elsa Faucillon, a quant à elle demandé «des explications, vite» : «Ajouter au déchirement du deuil la honte des petits profits. Macabre et cruel.»

Enfin, pour la porte-parole des Républicains (LR) Lydia Guirous, «que les corps des défunts soient dans un entrepôt Rungis est un choc pour les familles, que cela soit facturé est indigne». «La préfecture de police doit mettre fin à ce traitement qui n'est pas conforme au respect de la dignité due à tout homme du début à la fin de sa vie»,  a-t-elle ajouté.

Selon les constatations de l'AFP, l'opérateur, OGF, prévoit un forfait de 6 jours à 159 euros pour l'admission et le séjour en condition de conservation du cercueil fermé et scellé. La journée supplémentaire est facturée 35 euros. Un espace de recueillement est à disposition des familles, au prix de 55 euros pour une heure maximum.

Le ministère de l'Intérieur annonce d'ailleurs le 9 avril au soir que l'Etat prendrait «en charge les frais supplémentaires occasionnés par les délais d'inhumation», soit les 35 euros par jour supplémentaires au-delà des six jours réglementaires. «Une mission sera diligentée pour s'assurer du caractère strictement conforme à la réglementation» des autres prestations facturées par le prestataire, précise Beauvau.

Le marché de Rungis explique pour sa part qu'«un bâtiment excentré et isolé du Marché de Rungis a été réquisitionné gratuitement par le préfet du Val-de-Marne pour mettre en place une maison funéraire». «Les familles endeuillées y accèdent gratuitement, notre rôle s’arrête ici, nos pensées vont aux familles», précise le compte officiel du marché.

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