Macron, cajoleur, imagine un nouveau traité européen pour séduire les Britanniques

© Stefan Wermuth Source: Reuters

Le ministre de l'Economie, en visite en Grande Bretagne, a expliqué que le changement de traité au sein de l'Union européenne ne devait pas constituer un «tabou». Un ballon d'essai lancé dans un pays qui pourrait quitter l'Union faute de réformes.

«Ce que j'ai dit, et je l'ai toujours dit pour les sujets qui nous occupent en ce qui concerne l'eurozone, c'est que nous ne devons pas faire d'un changement de traité en quelque sorte un traumatisme ou un tabou» a lancé Emmanuel Macron, à l'issue d'une présentation à des investisseurs britanniques des atouts de la France.

Alors que le gouvernement de David Cameron a prévu la tenue d'un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, d'ici 2017, le ministre de l'Economie s'est voulu séducteur: «de la même façon, il ne faut pas fermer la porte aux Britanniques si ce qu'ils demandent aux autres États membres est acceptable [évoquant] les conditions d'un accord gagnant/gagnant» a-t-il ajouté.

Le ministre français de l'Economie a par la suite, modéré, cette envolée lyrique en rappelant qu'aucun changement de traité ne pouvait être envisagé avant 2017, année électorale en France et en Allemagne, «puisqu'il n'y a pas de clarté sur ce qu'on veut changer».

Des propos qui devraient néanmoins faire grincer quelques dents à Paris, où ses ballons d'essai ne passent décidément pas. En effet, les dernières «sorties» d'Emmanuel Macron sur les 35 heures (fustigeant la pensée selon la quelle «La France pourrait aller mieux en travaillant moins») ou sur le statut des fonctionnaires («plus adéquat») lui avaient valu des recadrages en règle de la part du du chef du gouvernement et du Président, en personne.

A Gauche, un front antiMacron est d'ailleurs en train de se constituer. Si une pétition en ligne a été lancée «Macron démission !», l'une des premières signataires pourrait bien être Martine Aubry. La maire de Lille, et accoucheuse des 35 heures, a ainsi laissé exploser sa colère lors de sa conférence de presse de rentrée, mercredi en lançant: «Macron, comment vous dire? Ras-le-bol!», avant de poursuivre très remontée: «C'est le ministre de l'Economie. Il faut qu'il mette toute son énergie, qui est grande, et sans doute ses talents, à accélérer la croissance et l'emploi. (...) Qu'il s'occupe de son ministère, ce serait déjà très bien». Une pique que ne semble pas avoir relévée Emmanuel Macron, toujours aussi disert.

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