«Une balle dans le cervelet» : deux rappeurs ciblent les journalistes qui «salissent l’islam»

«Une balle dans le cervelet» : deux rappeurs ciblent les journalistes qui «salissent l’islam»© François Guillot / Xavier Leoty Source: AFP
Les rappeur Nekfeu (gauche) et Sneazzy (droite). Montage d'images d'illustration.
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Un morceau des rappeurs Sneazzy et Nekfeu fait enfler la polémique sur les réseaux sociaux. Sneazzy y cible les journalistes qui «salissent l’islam» et cite Pascal Praud. De nombreuses personnalités ont exprimé leur indignation.

«Les hommes en bleu sèment la terreur, n’ont aucun cœur comme collabo / Les journalistes salissent l’islam, sont amateurs comme Pascal Praud / Ça mérite une balle dans le cervelet, le canon au fond de la bouche», déclame le rappeur Sneazzy dans le clip du titre Zéro détail. Une tirade interprétée en compagnie de son collègue Nekfeu, qui lance «salope» lorsque le nom de l’animateur de CNews est prononcé.

Ce morceau de rap a été présenté sur Le Mouv, le réseau de Radio France à destination des publics jeunes, comme ayant «un refrain entraînant, où les deux compères posent sur un air mélodieux et des couplets complètement rap». «Niveau lyrics, ces dernières sont soigneusement travaillées, comme ils savent si bien le faire», écrit la rédaction du Mouv le 6 mars, jour où le clip a été mis en ligne sur YouTube. Un avis loin d'être partagé par de nombreux observateurs.

Ainsi, des personnalités politiques et médiatiques – en particulier à droite de l'échiquier politique – ont fait entendre leur indignation et leur soutien au journaliste Pascal Praud.

Condamnations des rappeurs et soutien à Pascal Praud chez LR et RN

«Soutien à Pascal Praud menacé de mort par ces prêcheurs de haine qui doivent être lourdement condamnés», a par exemple déclaré sur Twitter le député les Républicains (LR) Eric Ciotti, appelant à ce que «clip et "chanson" soient retirés des plateformes».

Chez LR également, l'eurodéputé François-Xavier Bellamy estime que si les paroles de ce morceau ne suscitaient pas «une révolte unanime et une sanction exemplaire», l'on pouvait dire «adieu» à la liberté».

De même, au Rassemblement national, Gilbert Collard a dénoncé une vidéo «insupportable», manifesté son soutien au journaliste et vitupéré des rappeurs «minables et dangereux». Le membre du bureau national du parti Jean Messiha a élargi sa critique à la gauche :  «Là encore, pour Libération et toute le racaillistan gaucho-progressiste, c’est pas grave ; c’est la diversité donc "c’est rafraîchissant"... Soutien à Pascal Praud face à ces voyous !», a-t-il écrit sur Twitter.

A gauche, le référent Ile-de-France du parti Printemps républicain se montre consterné par le fait que Sneazzy et Nekfeu «appellent tranquillement au meurtre de policiers et journalistes».

Côté médiatique, le chroniqueur de la chaîne C8 Eric Naulleau a tweeté : «Il va sans dire, mais sans doute mieux en le disant, que j'apporte tout mon soutien et renouvelle mon amitié à Pascal Praud qui, selon les sinistres Nekfeu et Sneazzy, mériterait de recevoir "une balle dans le cervelet". Il revient à tous de faire obstacle à la barbarie» . Le journaliste du Figaro Ivan Rioufol a également exprimé sa solidarité et son soutien à son confrère de CNews.

Des internautes partagés

Au-delà des personnalités politiques médiatiques, les utilisateurs de Twitter qui se sont exprimés sur ce sujet se sont montrés moins unanimes. Si nombre d'entre eux se déclarent outrées par les paroles violentes de Zéro détail,

... d'autres, au contraire, ne voient pas matière à polémiquer ni à condamner les deux rappeurs, certains établissant des comparaisons avec les affaires Mila et Polanski.

Ce n'est pas la première fois que le rappeur Nekfeu fait l'objet d'une polémique. En novembre 2013, ces vers du titre La Marche avait suscité des réactions indignées : «Quel est le vrai danger ? Le taylorisme ou le terrorisme? Les miens se lèvent tôt / J’ai vu mes potos taffer / Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo». Après l'attentat contre les journalistes du 7 janvier 2015, le rappeur avait présenté ses «sincères condoléances aux familles et proches des victimes de la tuerie sauvage» dans les locaux du journal satirique. Quelques mois plus tard, il avait confié au Parisien s’être pris une «grosse claque» ce jour-là. «Je me suis pris une leçon du destin qui m’a grave rendu songeur et mélancolique pendant un moment», avait-il expliqué. «Je me suis senti dans un premier temps coupable. Et ensuite je me suis senti con», déclarait-il.

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