Conférence nationale du handicap : «Il faut arrêter de faire des lois, il faut juste les appliquer»

- Avec AFP

Conférence nationale du handicap : «Il faut arrêter de faire des lois, il faut juste les appliquer»© GONZALO FUENTES Source: Reuters
Emmanuel Macron, lors de sa conférence de presse à l'issue de la Conférence nationale sur le handicap (image d'illustration).

Une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés à Nanterre pour défendre les droits des personnes en situation de handicap. En clôture de la Conférence nationale sur ce sujet, Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures. Suffisantes ?

Emmanuel Macron a tenu le 11 février à l'Elysée une «conférence nationale du handicap». A la suite de celle-ci, une cinquantaine de personnes, valides et non-valides, se sont réunies devant la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Hauts-de-Seine, à Nanterre, pour défendre les droits des personnes en situation de handicap. Parmi les sujets abordés par le chef de l'Etat : le logement, le travail, l'éducation mais aussi le tabou de l'assistance sexuelle.

Sous le slogan «Un droit ce n'est pas une faveur», des appels à manifester ont donc été lancés le 11 février dans une quarantaine de villes, y compris en outre-mer, pour dénoncer les «défaillances du système». «Il y a plein de choses intéressantes dans le discours du président, mais quand on saisit les pouvoirs publics de dysfonctionnements sur le terrain, on est ignorés», a résumé pour l'AFP Charlotte Langlois, l'une des organisatrices de ces manifestations.

Un des manifestantes a déclaré au micro de RT France qu'il fallait «arrêter de faire des lois». «Il faut juste les appliquer», a-t-elle ajouté en évoquant une loi de 2005 pour l'inclusion des enfants dans le système scolaire qui ne serait, selon elle, «pas appliquée». «Les Français doivent tous se mobiliser» pour améliorer la vie des 12 millions de personnes handicapées, a déclaré pour sa part Emmanuel Macron, en annonçant une série de mesures sur la scolarisation, l'accès aux droits ou l'emploi.

«Ce que je voudrais lancer aujourd'hui, c'est véritablement un appel à la mobilisation nationale [car] le handicap ne touche pas simplement 12 millions de Français [mais] chacun d'entre nous peut y être confronté à un moment de sa vie», a déclaré le président en concluant la Conférence nationale sur le handicap (CNH). Organisé à mi-mandat, cet événement a réuni 500 personnes à l'Elysée pour tirer un «premier bilan» des mesures décidées depuis le début du quinquennat et en prendre d'autres «que nous avons encore le temps de mettre en œuvre» d'ici à 2022, selon l'Elysée.

Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte, a fixé l'objectif que «plus aucun enfant» handicapé ne soit laissé «sans solution de scolarisation à la rentrée de septembre». Leur nombre a déjà été divisé par près de deux entre 2018 et 2019, de 15 000 à 8 000. Mais «le vrai sujet est qu'on manque d'accompagnants» pour aider ces enfants à l'école, selon le chef de l'Etat. Emmanuel Macron a promis que, pour y remédier, 11 500 postes d'accompagnants supplémentaires seraient créés d'ici à 2022, s'ajoutant aux 66 000 prévus à la fin de l'année.

Les personnes handicapées seront-elles désormais mieux assistées ?

Le président a également annoncé la mise en place d'un numéro d'appel unique (le 360) pour répondre à l'angoisse des familles et la création de 1 000 places supplémentaires dans les établissements spécialisés. Emmanuel Macron a par ailleurs répondu aux inquiétudes des associations sur l'avenir de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), versée à 1,2 million de personnes. Cette prestation ne sera «jamais transformée, diluée ou supprimée» au bénéfice du futur revenu universel d'activité (RUA) qui doit fusionner plusieurs allocations, a-t-il affirmé.

Il a annoncé que la prestation de compensation du handicap (PCH), qui permet de financer des aides, serait étendue dès l'an prochain de manière à couvrir les aides ménagères, mais aussi l'assistance apportée par un tiers à un parent handicapé pour s'occuper de son jeune enfant. Sur le front de l'emploi, le gouvernement entend mettre l'accent sur le développement de l'apprentissage.

Le président a en outre souligné que la question du droit à la vie sexuelle de ces personnes ne devait «pas être un tabou dans la société». «Notre pays compte des milliers de personnes sans solutions d'accompagnement adapté», a souligné de son côté, pour l'AFP, Luc Gateau, le président de l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei).

Son homologue de l'APF France handicap, Alain Rochon, a réclamé des «sanctions» contre les établissements recevant du public qui rechignent à faire des travaux pour se rendre accessibles aux handicapés. Symboliquement, cette conférence a été programmée exactement 15 ans après l'adoption d'une loi majeure pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi, votée sous la présidence de Jacques Chirac, a permis une «démarche vers l'autonomie» et revêtait une «dimension symbolique», a souligné devant les invités Claude Chirac, la fille de l'ancien président, qui s'est dite «très émue».

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