Revirement dans la majorité à l'Assemblée : le deuil parental passe de 5 à 21 jours

Revirement dans la majorité à l'Assemblée : le deuil parental passe de 5 à 21 jours Source: Reuters
Assemblée nationale

Seulement dix jours après le tollé qu'avait provoqué le refus des marcheurs de l'Assemblée nationale, les députés de la majorité ont bien reçu le message du président Macron et proposent à présent un allongement du deuil parental à 21 jours.

Les députés de la République en marche proposent finalement de porter le congé pour faire le deuil d'un enfant à trois semaines pour tous les actifs, contre cinq jours actuellement, ainsi que l'a annoncé le député Mounir Mahjoubi ce 11 février au micro de Sud Radio. Ce revirement intervient seulement une dizaine de jours après que la même majorité avait voté contre la proposition de loi du groupe UDI pour porter ce même congé à 12 jours... Entre temps, l'opinion publique et les détracteurs du gouvernement avaient déploré ce geste d'humeur des députés marcheurs, et surtout le président de la République lui-même avait appelé ses troupes à faire preuve de plus d'«humanité».

La majorité présidentielle ajoute à ces trois semaines de deuil des propositions sur l'accompagnement financier au moment des obsèques et un accompagnement psychologique des familles.

Quand on s’achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c’est quand même un peu facile

Le président marcheur de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, salue quant à lui la rencontre qui doit avoir lieu entre le président de la République et ses députés ce 11 février à L'Elysée qui doit, selon lui, permettre «un échange nourri avec l'exécutif» et qui précise au micro de France 2 : «Je crois que le président de la République a envie d'écouter les députés de sa majorité et ça tombe bien, ils ont envie d'être entendus, donc c'est une rencontre opportune qui permettra aux uns et aux autres de dialoguer».

L'Elysée assure que ce rendez-vous était programmé bien avant la crise autour du projet de loi sur le congé pour deuil d'enfant, qui a pourtant cristallisé un ressentiment d'une ampleur inédite dans la majorité depuis le début du quinquennat, selon l'AFP.

Le Journal du dimanche qualifie pour sa part cette réunion de la majorité de «séance de câlinothérapie à l'Elysée» et ajoute que si la rencontre était «prévue», le «couac» du deuil parental a «accéléré le calendrier.»

Un des rares députés de la majorité à avoir émis des critiques sur la réforme des retraites, le marcheur Jean-François Césarini a fait valoir auprès de l'hebdomadaire dominical : «J'attends que cette rencontre puisse nous permettre de renforcer les liens de la majorité. [...] Que l'on puisse être plus unis sans que cela se traduise par tout le monde avec le doigt sur la couture. [...] J'attends que le président redéfinisse le rapport entre le gouvernement et l’Assemblée. Non plus dans une relation descendante mais plus horizontale pour une meilleure collaboration et une co-construction des lois et des orientations politiques.» Et de rappeler : «Certains nous avaient mis en garde sur la montée des Gilets jaunes, ou le mécontentement des 80 km/h, la baisse des APL, la suppression de l'ISF etc. On ne peut plus simplement faire taire ces députés qui viennent remonter de leurs territoires des craintes et des mauvaises nouvelles.»

Pour mémoire, après que la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait déploré à la fin du mois de janvier : «Ce congé, c’est 100 % payé par les entreprises», la députée marcheuse, Sereine Mauborgne, avait renchéri : «Quand on s’achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c’est quand même un peu facile.»

Ainsi que l'a rapporté Ouest-France le 4 février, les oppositions se sont beaucoup exprimées sur le sujet. L'eurodéputé du Rassemblement national Nicolas Bay a notamment critiqué des élus pas «connectés au réel» et l'insoumis Adrien Quatennens a quant à lui fustigé «des macronistes faisant l’effet d’un droïde doté d’un fichier Excel à la place du cerveau et d’une calculatrice à la place du cœur.»

Le marcheur, décidément rebelle, Jean-François Cesarini, qui fait actuellement figure de jambe gauche dans la majorité à pour sa part ironisé : «Que de frondeurs tout à coup, a ironisé Jean-François Cesarini. Ils découvrent vraiment les manières de l’exécutif aujourd'hui ? Ça fait deux ans et demi que l’on en parle et on nous traite de tous les noms.»

Lire aussi : Les députés LREM refusent d'allonger de cinq à 12 jours le congé pour deuil d'un enfant

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