Hôpital Henri Mondor : des soignants lancent un SOS lumineux sur la façade de l'établissement

Hôpital Henri Mondor : des soignants lancent un SOS lumineux sur la façade de l'établissement© Eric Tricot Syndicat Sud Santé
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Hôpital Henri Mondor à Créteil (Val-de-Marne), le 4 février 2020.

Après Caen et Poitiers, c'est au tour de l'hôpital Henri Mondor de Créteil d'afficher son SOS lumineux sur sa façade. Une action en forme d'appel à l'aide pour défendre l'hôpital public et dénoncer la marchandisation de la santé publique.

C'est par une action silencieuse mais bien visible que l’intersyndicale CGT-C.I.H-C.I.B-SUD santé de l'hôpital Henri Mondor de Créteil (Val-de-Marne) a voulu exprimer la détresse des personnels soignants. Un «SOS» a ainsi été allumé sur la façade de l'établissement AP-HP dans la soirée du 4 février.

Pour réaliser ce signal lumineux qui s'est déployé sur cinq étages pendant plus d'une heure, une trentaine de personnes se sont coordonnées «en toute discrétion», soutenues dans leur action par les soignants et la «complicité solidaire» des patients dont les chambres étaient concernées par le plan, comme nous l'explique Eric Tricot, infirmier et syndicaliste de Sud Santé, contacté par RT France. «C'était une très grosse organisation à mettre en place», détaille-t-il. Il a ainsi fallu aux protestataires identifier les bureaux et les chambres concernés par l'opération et aller discuter avec l'occupant de chaque pièce pour réussir l'affichage. «Quand on est entrés dans les chambres pour dire aux patients qu'on voulait mener une action pour sauver l'hôpital public et qu'on avait besoin de leur aide, ils nous répondaient : "Ah mais bien sûr, dites-moi ce que je peux faire."», poursuit Eric Tricot.

Du côté des revendications, un communiqué de l'intersyndicale explique le contexte : «La mise à mal de nos conditions de travail, la stagnation de nos salaires (point d’indice gelé depuis 2010), la perte de sens au travail dans tous les secteurs de l’hôpital entraînent une démotivation des personnels et une fuite massive des professionnels de santé devant la pénibilité de nos métiers.»

Comme leurs collègues qui ont exprimé leur dépit dans le reste du pays, les soignants d'Henri Mondor déplorent que les objectifs économiques soient, selon eux, les seuls qui comptent désormais pour leur direction au détriment de la prise en charge des patients. L'action spectaculaire de l'hôpital Henri Mondor a été inspirée par celle, similaire, organisée au CHU de Caen (Calvados), fin novembre 2019.

Toujours à Caen, le 14 novembre, les personnels soignants en grève avaient formé le signal SOS avec leurs propres corps, vêtus de blouses blanches, dans l'enceinte même de l'édifice.

Une action du même style avait également été visible sur la façade de l'hôpital de Poitiers (Vienne) mi-décembre.

Une enquête d'opinion Odoxa, commandée par Franceinfo et Le Figaro publiée le 30 décembre, révélait que la quasi-totalité des soignants hospitaliers interrogés (96%) estiment que leur institution va mal. Ce chiffre faisant écho à celui du ressenti de la population française, qui émettait le même jugement à 80%.

Le plan hôpital présenté par le ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, n'aurait donc pas convaincu les soignants, ni les usagers de cette institution publique. En outre, à en croire les données de l'enquête, «plus de la moitié des infirmiers et des aides-soignants se sentent incapables d'exercer correctement leurs missions», précise Franceinfo. Enfin, 70% des infirmiers interrogés présagent que la réforme des retraites leur sera défavorable. A titre de comparaison, ce chiffre est de 48% pour le reste de la population française.

Le 14 janvier, près de 1 200 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de service et 470 responsables d’unités, avaient annoncé leur démission «collective» de leurs fonctions administratives, après avoir posé plus tôt un ultimatum à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, resté sans réponse. Les médecins démissionnaires déploraient le manque de moyens alloués à l'hôpital et dénonçaient «l'insuffisance du plan d'urgence» dévoilé fin novembre 2019 par Agnès Buzyn et le Premier ministre, Edouard Philippe, après huit mois de crise.

Tous réclament en outre «une revalorisation significative des salaires, en plus des diverses primes annoncées», une rallonge supplémentaire de 600 millions d'euros pour les hôpitaux en 2020 et «une révision profonde» de leur mode de financement et de leur gouvernance. En dehors de cette démission administrative collective, la nécessité d'un «plan d'urgence pour sauver l'hôpital public» fait également l'objet d'une pétition qui a, pour l'heure, récolté près de 300 000 signatures.

Lire aussi : Près de 1 200 médecins vont démissionner pour protester contre l'inaction du gouvernement

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