Contre la réforme des retraites, un nouveau concert sur le parvis de l'Opéra de Paris

Pour protester contre la réforme des retraites, les grévistes de l'Opéra de Paris ont organisé un concert, ce 18 janvier, devant un public venu nombreux. Ils estiment que les concessions proposées par le gouvernement sont insuffisantes.

Les grévistes de l'Opéra de Paris ont trouvé une façon originale de se faire entendre. A l'instar du 31 décembre, ils ont offert, ce 18 janvier à l'occasion de l'acte 62 des Gilets jaunes, un concert gratuit devant un public en nombre. Leur objectif : montrer leur opposition à la réforme des retraites.

«Tous les ans, il y a un défilé de l'école de danse à l'Opéra sur la musique de La marche des Troyens de Berlioz. On va donc refaire un mini-défilé avec les accessoiristes, les machinistes, les gens de la Comédie française qui se sont joints à nous»», a expliqué Christophe Grindel, joueur de cor anglais soliste et délégué central de Force ouvrière, le syndicat majoritaire dans l'orchestre de l'Opéra au micro de RT France, avant la représentation.

Le spectacle gratuit a débuté vers 15h. Danseurs, habilleurs, et accessoiristes sont d'abord entrés sur scène, puis les différents corps de métier de l'Opéra de Paris et de la Comédie française ont défilé avec leur matériel de travail, sous les applaudissement de la foule.

Les musiciens ont alors interprété plusieurs opéras, comme Il Trovatore, du compositeur italien Giuseppe Verdi.

L'orchestre et le chœur de l'Opéra de Paris ont conclu leur représentation par une interprétation de La Marseillaise, acclamés par le public.

«Le gouvernement renvoie les problèmes sur les générations futures»

Selon Christophe Grindel, le mouvement de grève à l'Opéra est justifié, car la réforme des retraites, et les concessions du gouvernement, sont inacceptables. «Les seules concessions qui ont été faites pour l'instant, c'est déjà ce qu'on a dit le 31 [décembre], c'était d'appliquer une clause du grand-père pour les danseurs et une demi-clause du grand-père pour les musiciens et les choristes, c'est-à-dire de renvoyer sur les générations futures les problèmes sans en régler aucun», a-t-il déploré. Ce syndicaliste regrette que la «seule avancée pour l'instant» soit «la nomination d'un expert» prochainement pour «faire une étude» sur le calcul des retraites des différents corps de métier de l'Opéra.

De son côté, une violoniste de l'Opéra Garnier estime que le gouvernement demande «de nous excuser d'avoir plus de chances» que d'autres pays comme «la Suède [dont] le système à points ne marche pas». «On n'a pas d'excuses à présenter pour vivre dans un pays où nos ancêtres se sont battus», a-t-elle complété. 

Des avocats venus en soutien

Dans le public, d'autres professions impactées par la réforme des retraites étaient présentes, comme les avocats. Berenger Tourné, avocat au barreau de Paris, est venu «en soutien aux concertistes de l'Opéra [...] et avec toutes les professions». «La convergence elle est simple : c'est tous ensemble et en même temps qu'on arrivera à obtenir le retrait de la réforme, donc il faut être solidaires les uns des autres », a ajouté cet avocat parisien qui regrette l'inflexibilité du gouvernement. «S'il y a des signes [quant à un éventuel recul de la réforme des retraites] on ne les a pas vus», a-t-il conclu.

Dans un texte adressé aux danseurs de l'Opéra de Paris fin décembre, le gouvernement a proposé que le nouveau texte entre en vigueur seulement pour les danseurs recrutés à partir de 2022, alors que les danseurs réclament l'abandon du projet de loi. Les danseurs de l'Opéra de Paris (Garnier et Bastille) partent actuellement à la retraite à 42 ans compte tenu de la «pénibilité» de leur métier, des risques de blessure et du fait que la majorité des danseurs peut difficilement continuer à danser les grands ballets au-delà de cet âge avec le même niveau d'excellence.

L'Opéra et la Comédie-Française sont les seules institutions culturelles concernées par la réforme du gouvernement. Le régime spécial de l'Opéra date de 1698, sous le règne de Louis XIV.

Lire aussi : Danser contre la réforme : le ballet de l’Opéra de Paris rejoint la grève

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