Grève : l'opération «ports morts» provoque un début de pénurie Outre-mer

- Avec AFP

Grève : l'opération «ports morts» provoque un début de pénurie Outre-mer© Lionel Chamoiseau Source: AFP
Marché couvert de Fort-de-France, sur l'île caribéenne française de la Martinique, le 18 octobre 2019. (image d'illustration)

Depuis que les dockers ont rejoint la grève contre la réforme des retraites en bloquant sept ports de l'Hexagone, certains territoires d'Outre-mer en ressentent les effets. Un début de pénurie se fait sentir, notamment en Martinique et en Guadeloupe.

Absence de lait, de fromages ou de jambon, les rayons des grandes surfaces de certains territoires d'Outre-mer commencent à manquer de produits alimentaires frais en raison du mouvement de grève contre la réforme des retraites dans les ports français.

Alors que le mouvement s'intensifie chez les dockers de métropole, avec une opération «ports morts» lancée par la CGT dans les sept grands ports maritimes, en Guadeloupe le manque se fait déjà sentir. En Martinique, quelques conteneurs ont fini par arriver après plusieurs jours d'attente, permettant de remplir un peu les rayons, mais la situation est loin d'être stabilisée, avouent des responsables de supermarchés. Pendant plusieurs jours début janvier, à la place des yaourts, desserts, jambons, beurres ou fromages, la quasi totalité des enseignes de l'île ont affiché les mêmes annonces : «Chers clients, en raison de mouvements sociaux dans les ports hexagonaux, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer l'ensemble de vos produits habituels.»

A Saint-Martin également, les rayons des produits frais sont clairsemés. «On a eu les premières pénuries sur les yaourts et les œufs», explique Jean-Pierre Deguille, co-gérant d'un Super U à Saint-Martin. Mais les ruptures de stock ont commencé à se faire sentir également du côté des produits «secs et liquides», assure-t-il. 

Conteneurs laissés à quai

En Guyane, un directeur de grande surface confirme aussi que des «ruptures d'approvisionnement» ont débuté dans son hyper en «fin de semaine dernière» aux rayons frais.

Et le secteur de la grande distribution craint désormais de recevoir des produits «périmés» suite au retard accumulé. Les perturbations sont moindre à la Réunion et à Mayotte, qui s'approvisionnent notamment auprès des pays voisins. 

En Nouvelle-Calédonie, le syndicat des importateurs et distributeurs (SIDNC) a aussi observé «quelques retards, mais pas de perturbations majeures». Cela concerne les matériaux de construction, les emballages ou les produits non sensibles. «Les produits de grande consommation et de première nécessité sont importés de pays situés dans la région Asie-Pacifique», précise Sylvie Jouault, déléguée générale du SIDNC. Le mouvement de grève a un impact sur «le transport de manière générale», explique Harry Maillard, directeur commercial de la société de transport maritime et aérien SAS (Sea Air Services). «Pas seulement le transport maritime, mais aussi le transport routier et aérien, ce qui a limité les approvisionnements des marchandises vers les plateformes et vers les ports». 

«Quand il y a une grève perlée des dockers en plein chargement de navire, on ne peut pas rester à quai éternellement. On prend parfois la décision de partir et de laisser des conteneurs derrière nous», ajoute Liliane Hohl, directrice de la société de transport maritime CMA CGM. Dans les rayons, les produits fabriqués localement connaissent un regain d'intérêt. «Nous connaissons actuellement une augmentation de la demande sur nos produits de l'ordre de 10 à 15%», reconnait François Ursulet, secrétaire général de Danone qui produit en Martinique. «C'est bénéfique oui, mais un opérateur économique ne peut pas se réjouir d'un blocage de port, car nous importons également un certain nombre de matières premières», ajoute-t-il.    

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