A Caen, des avocats jettent leur robe avant les vœux de la ministre de la Justice (VIDEO)

A Caen, des avocats jettent leur robe avant les vœux de la ministre de la Justice (VIDEO)© Nicolas CLAICH Source: AFP
Des avocats français se tiennent à côté de la robe de leur magistrat gisant sur le sol après les avoir jetés devant la ministre française de la Justice Nicole Belloubet, lors de la visite du ministre au palais de justice de Caen, le 8 janvier 2020.

Témoignant leur opposition à la réforme des retraites, les différents personnels judiciaires du palais de justice de Caen ont retiré et lancé leur robes noires avant le discours de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

En visite à Caen le 8 janvier pour inaugurer la fusion des tribunaux d’instance et de grande instance en tribunal judiciaire, la ministre française de la Justice Nicole Belloubet a été reçue froidement par le personnel judiciaire opposé à la réforme des retraites. La ministre de la Justice s’est voulue rassurante sur cette évolution, effective depuis le 1er janvier, «en soulignant la simplification du mode de saisine des tribunaux, et en affirmant qu'il n'y aura aucune fermeture de tribunal de proximité», a rapporté France 3. Au moment de prendre la parole pour présenter ses vœux aux magistrats, aux personnels de greffe et aux avocats, la Garde des Sceaux a vu ces derniers enlever puis jeter leur robe noire devant elle, symbolisant ainsi leur opposition à la réforme des retraites.

Les avocats accusent le gouvernement de n'entendre «que les professions qui bloquent la France»

Ne semblant ni affectée ni troublée, la ministre de la Justice a fait fi du mécontentement du personnel judiciaire et commencé son discours : «Je voudrais simplement dans un premier temps vous présenter mes vœux, aux uns et aux autres, à l’ensemble de la communauté judiciaire, qu’il s’agisse des magistrats, de l’ensemble des personnels de greffe, des avocats qui sont aussi ici présents.»

Vent debout contre le régime universel des retraites et accusant le gouvernement de n'entendre «que les professions qui bloquent la France», le Conseil National des Barreaux (CNB), qui représente les 70 000 avocats français, avait promis des actions pour «désorganiser la mécanique judiciaire» à partir du 6 janvier et pour une semaine, une grève qui pourra être reconduite.

«Bravo à mes confrères caennais !», s'est exprimé François Boulo, avocat et porte-parole des Gilets jaunes à Rouen. Avant de poursuivre : «Je pense que je serais également parti dans la foulée : on n’a pas à écouter les élucubrations d’une personne qui nous ignore et nous méprise depuis des mois et des mois.»

Emmanuel Le Miere, avocat, ancien Bâtonnier et ancien membre du Bureau de la Conférence des Bâtonniers de France, a indiqué sur Twitter que «tous les barreaux de France sont en grève y compris Paris». Avant d'ironiser : «Il faut saluer la performance d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Nicolle Belloubet qui ont réussi ce tour de force sans précédent.»

Au niveau national «il n'y a pas de tribunal bloqué» physiquement, a souligné Féral-Schuhl à l'AFP. Mais un peu partout «on cesse d'accompagner le justiciable, y compris sur le terrain du contentieux de la liberté», a-t-elle indiqué. Chacun des 164 barreaux pouvait choisir son mode d'action. A Lyon, Dijon, Bordeaux, Bayonne, Saint-Brieuc mais aussi en Corse, les avocats ont voté lors d'assemblées générales une «grève dure et totale» jusqu'au 12 janvier selon des journalistes de l'AFP. Cela implique notamment un arrêt des désignations d'avocats en matière d'aide juridictionnelle, pour les gardes à vue, les étrangers, les mineurs. Renvoi d'audiences, suspension des désignations : de Lyon à Bayonne, les avocats ont «massivement» répondu à l'appel à durcir la grève contre la réforme des retraites pour se faire entendre du gouvernement, a assuré le 6 janvier le CNB.

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