Gouvernement exemplaire ? De Benalla à Delevoye, deux ans et demi de couacs pour Emmanuel Macron

Gouvernement exemplaire ? De Benalla à Delevoye, deux ans et demi de couacs pour Emmanuel Macron© DAMIEN MEYER / AFP Source: AFP
Manifestation contre la réforme des retraites, à Rennes, le 10 décembre 2019.

La démission de Jean-Paul Delevoye constitue un nouveau revers pour un gouvernement qui se voulait exemplaire. Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, les couacs se sont accumulés, fragilisant le quinquennat. Retour sur ces affaires.

C'est une nouvelle épine dans le pied du gouvernement. Ce 16 décembre, le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a démissionné, fragilisé par la révélation de l'«omission» d'au moins 10 mandats rémunérés ou non dans sa déclaration d’intérêts. Il s'agit d'un nouveau couac pour Emmanuel Macron, élu en mai 2017, et qui misait alors sur l'exemplarité de son gouvernement. A mi-mandat, pourtant, plusieurs affaires ont écorné sa crédibilité : parmi elles, Alexandre Benalla, les dîners fastueux de François de Rugy, les emplois présumés fictifs du MoDem, Richard Ferrand et les Mutuelles de Bretagne, ou encore Françoise Nyssen et Actes Sud.

L'affaire Benalla

S'il y a une affaire qui a ébranlé le gouvernement, c'est bien celle-ci. Le 1er mai 2018, Alexandre Benalla, alors chargé de la sécurité à l'Elysée, accompagne les forces de l’ordre comme observateur lors des manifestations à Paris.

Place de la Contrescarpe, il est filmé en train de frapper un couple, muni d'un casque et d'un brassard de police, ce qui lui vaudra d'être mis à pied par le directeur de cabinet du chef de l'Etat. Le 18 juillet 2018, le journal Le Monde révèle cette affaire, entraînant la mise en examen d'Alexandre Benalla quatre jours plus tard.

Par la suite, les révélations se succèdent sur ce proche d'Emmanuel Macron : utilisation abusive de passeports diplomatiques, disparition d'un coffre-fort lors des perquisitions... Au total, cinq procédures judiciaires ont été ouvertes et Alexandre Benalla a été mis en examen dans pas moins d'une dizaine d'affaires dont, notamment, celles portant sur les violences commises en marge du défilé du 1er-Mai 2018 et sur son usage abusif de passeports diplomatiques.

Les dîners de François de Rugy

Le 10 juillet 2019, Mediapart révélait que le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, organisait, avec l'aide de son épouse, des «dîners privés» luxueux au moyen de fonds publics lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, photos et documents à l'appui. Mediapart a également fait état d’une rénovation des appartements du couple au ministère de l’Ecologie pour plusieurs dizaines de milliers d’euros d’argent public.

Malgré l'enquête, critiquée, de l'Assemblée nationale concluant que François de Rugy n'avait «enfreint, directement ou indirectement, aucune règle et n'a commis aucune irrégularité», le mal était fait. Face à la pression de l'opinion publique et de l'opposition politique, le successeur de Nicolas Hulot a démissionné du ministère de l'Ecologie le 16 juillet, pour retrouver sa place dans l'hémicycle.

Les assistants parlementaires du MoDem

Cette fois, ce sont des piliers du MoDem qui ont été visés. Début décembre 2019, plusieurs personnalités du parti centriste (Marielle de Sarnez, vice-présidente, Michel Mercier, ancien ministre ou encore Sylvie Goulard, ex-candidate à la Commission européenne), ont été mises en examen sur des soupçons d'emplois fictifs dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem. Peu après, c'est François Bayrou, le président du parti, qui a été mis en examen, poursuivi pour «complicité de détournement de fonds publics».

La justice soupçonne des collaborateurs d'eurodéputés MoDem d'avoir été rémunérés via des fonds du Parlement européen alors qu'ils auraient en réalité travaillé pour le parti centriste. Au total, une dizaine d'assistants parlementaires seraient concernés.

Richard Ferrand et les Mutuelles de Bretagne

C'est une affaire révélée en 2017 par le Canard Enchaîné, aux premières heures du quinquennat Macron. Selon l'hebdomadaire satirique, Richard Ferrand, ancien secrétaire général d'En Marche ! et ministre du gouvernement d'Edouard Philippe, aurait favorisé la signature par les Mutuelles de Bretagne, dont il était directeur général entre 1993 et 2012, d'un bail immobilier au profit de sa compagne.

Selon d'autres informations duMonde le 30 mai 2017, l'ancien ministre de la Cohésion des territoires aurait depuis une vingtaine d'années favorisé plusieurs de ses proches ainsi que ses intérêts personnels dans un véritable «mélange des genres» entre vie publique et affaires privées.

Après une première plainte classée sans suite, une deuxième a été déposée en janvier 2018 avec constitution partie civile de l'association Anticor. Par la suite, le Parquet national financier a ouvert une information judiciaire pour prise illégale d'intérêts.

Pas de quoi effrayer la macronie, puisque Richard Ferrand a été nommé président de l'Assemblée nationale en septembre 2018, après avoir été investi par le groupe des députés LREM, après la nomination de François de Rugy au gouvernement.

Françoise Nyssen et Actes Sud

Le 23 août 2018, le passé de Françoise Nyssen dans la maison d'édition Actes Sud a refait surface. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à la suite d'un article du Canard Enchaîné. En cause : celle qui était alors ministre de la Culture est soupçonnée d'être passée outre les règles d'urbanisme lors de l'agrandissement des locaux parisiens d'Actes Sud. 

Par le passé, le journal satirique avait déjà évoqué des irrégularités lors de travaux effectués au siège d'Actes Sud, dans le centre classé d'Arles. Aussi, le magazine Marianne a révélé qu'Actes Sud avait touché plus de 100 000 euros de subventions alors que Françoise Nyssen était ministre de la Culture, et qu'elle détenait encore des intérêts liés à la maison d'édition.

Après s'être vu retirer la tutelle du secteur du Livre au ministère de la Culture, elle quitte le gouvernement en octobre 2018.

Lire aussi : Démission de Delevoye : l'opposition appelle à l'abandon de la réforme, LREM la défend bec et ongles

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